Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /2007 15:35

 

 

 

 

Gravure originale de  William Home Lizars (1788-1859) pour The Naturalist Library, publié en 1840 sous la direction de Sir William Jardine.

 


 

 


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Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /2007 14:28

Nicolas Hulot renonce à se présenter à l'Elysée, après six mois de lobbying écologiste

LEMONDE.FR | 22.01.07 | 10h53  •  Mis à jour le 22.01.07 | 11h33

 

 

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Par Elise Vincent - Publié dans : Articles en ligne
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Lundi 18 décembre 2006 1 18 /12 /2006 19:49

Nos amis, ceux qui suivent régulièrement nos travaux, ceux qui soutiennent notre entreprise de recherche de la vérité sur un certain nombre de thèmes - au premier rang desquels l'océanographie, science reine par excellence - savent quel intérêt nous portons par ailleurs à la petite république du Kirghizstan, un pays malheureusement dépourvu d'accès à la mer, et savent tout le soutien que nous apportons au président Bakiev.

Certes dépourvu d'accès à l'océan, le Kirghizstan dispose toutefois d'un lac splendide, malheureusement méconnu à l'étranger, le lac d'Issyk-Kul. Le quotidien Le Monde y a consacré l'été dernier un intéressant article : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3546,36-787318@51-787416,0.html

Nous savions déjà, selon la légende, que les reliques de l'évangéliste Mathieu avaient été conservées dans un monastère arménien situé sur les rives de ce lac. Nous apprenons aujourd'hui, grâce à l'agence Ria Novosti, qu'une civilisation antique a été découverte cette année par une équipe d'archéologues russo-kirghize. Comme le déclare la journaliste Tatiana Sinitsyna, cette découverte constitue une des sensations archéologiques de l'année. Malheureusement, les médias français la passent délibérément sous silence. L'article est à lire ici : http://fr.rian.ru/analysis/20061208/56632456.html

 

 

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Jeudi 14 décembre 2006 4 14 /12 /2006 18:17
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Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /2006 19:28
 
 

La stratégie d'influence de M. Hulot atteint ses limites

LE MONDE | 13.12.06 | 13h39  •  Mis à jour le 13.12.06 | 18h50
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Plus d'un mois après le lancement de son Pacte écologique, le 7 novembre, Nicolas Hulot est toujours en tournée pour essayer de faire accepter son programme aux principaux candidats à la présidentielle. Ségolène Royal l'a reçu, le 12 décembre, et il devrait rencontrer Nicolas Sarkozy avant la fin de la semaine. Le 12 décembre, il s'est par ailleurs rendu à l'Elysée pour participer au comité de pilotage d'une grande conférence internationale sur l'environnement prévue, en février, à Paris, aux côtés d'Hubert Védrine (PS) et d'Alain Juppé (UMP).

 

Depuis que le Pacte écologique a été officialisé, plus de deux cent mille personnes l'ont signé, dont une vingtaine d'élus locaux et neuf candidats à la présidentielle. Mais ceux que Nicolas Hulot appelle les "grands candidats", et qui comptent le plus à ses yeux, traînent encore des pieds. Or l'échéance - début janvier - qu'il s'est fixée pour valider ou non l'hypothèse de sa candidature à la présidentielle, approche.

Pour certains, Nicolas Hulot est en train d'être pris au "piège". Pour les plus pessimistes, c'est "l'impasse". Pour son entourage, c'est le signe qu'il a atteint un "carrefour". "Je suis plus déterminé que jamais", se défend-il.

Face à un étau politique et médiatique chaque jour un peu plus pressant, l'animateur de TF1 n'a pourtant, officiellement, toujours pris aucune décision. M. Hulot a toujours dit qu'il "croisait les doigts pour ne pas y aller". "Il se demande souvent : Est-ce que ça vaut le coup ? Ils vont me faire la peau...", raconte le philosophe Dominique Bourg, l'un des ses amis les plus proches. "Nicolas ne veut pas perdre sa nouvelle stabilité familiale", explique de son côté Philippe Legorjus, un autre de ses très proches amis et ancien chef du GIGN.

Tout le monde guette la décision de l'animateur. Même sa fondation, sur laquelle il s'est jusqu'à présent en grande partie appuyé pour mener sa campagne. "Nous aussi on l'attend !", remarque Cécile Ostria, la directrice. Depuis le lancement du Pacte écologique, la structure reçoit jusqu'à trois cents mails par jour de demandes diverses et variées. "Les gens imaginent que Nicolas va tout débloquer", explique-t-elle. Alors que le budget annuel d'environ 3,5 millions d'euros est en train de se boucler, les partenaires de la fondation - parmi lesquels L'Oréal et TF1 - attendent aussi avant de renouveler leur enveloppe financière.

La première chaîne guette également la décision de l'animateur pour programmer ou non "Ushuaïa Nature" à l'antenne. Trois émissions du magazine, pour un budget de plusieurs millions d'euros, ont déjà été enregistrées et attendent d'être diffusées.

Juridiquement, s'il se lance dans la campagne, M. Hulot ne pourra plus s'appuyer sur sa fondation. Début décembre, en toute discrétion, et pour rester crédible, il a donc dû lancer un comité de soutien, destiné à s'y substituer. Au cas où. C'est Gérard Feldzer, directeur du Musée de l'air et de l'espace, au Bourget (Seine-Saint-Denis) qui en a pris la tête. Cet ami de vingt ans a, en son temps, participé à la campagne présidentielle de Coluche. Il est chargé d'organiser la pression politique en lançant la recherche des cinq cents parrainages. Le 12 décembre, il avait recueilli un centaine de promesses. Mais comme pour la fondation, les hésitations de Nicolas Hulot compliquent sa démarche : "Les élus attendent sa décision pour se prononcer", regrette-t-il. "Et quand Coluche avait réuni cent dix promesses, au final, il n'avait obtenu que dix signatures", précise-t-il.

Malgré une apparente improvisation, Nicolas Hulot a cependant parfaitement organisé son opération. Son projet, il le mûrit depuis la présidentielle de 2002. A l'époque, il avait été très déçu de l'absence de débat autour de la thématique environnementale. Dès le printemps 2005, l'animateur a donc mis en branle un groupe de travail, composé de proches et de membres de sa fondation. Et au bout de dix-huit mois, dès le mois de mai : les cinq propositions, les dix objectifs, le plan de communication et la date de lancement du Pacte, tout était prêt.

Dès 2005, Nicolas Hulot a également organisé son "comité permanent". Cinq hommes, tous convaincus par "sa cause", chargés de l'aider dans son défi. Une sorte de "think-tank" où, chacun dans son domaine de prédilection, l'oriente, lui rédige des notes avant un discours, orchestre les emballements médiatiques et le "bluff" politique.

A leurs côtés, selon eux, M. Hulot, à 51 ans, à réussi ce que personne n'avait réussi jusque-là : réunir l'ensemble de l'écologie politique derrière lui. Corinne Lepage, Dominique Voynet, France Gamerre ont tous signé le Pacte. Sur sa péniche, à Paris, Gérard Feldzer, reçoit des politiques de tous bords parmi lesquels Christian Blanc (apparenté UDF) ou Bernard Kouchner (PS). "C'est plutôt contre les politiques que se resserre actuellement l'étau", veut croire l'ancien journaliste Jean-Paul Besset.

Elise Vincent
Article paru dans l'édition du 14.12.06. Abonnez-vous au journal : 15€/mois
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L'animateur et militant écologiste Nicolas Hulot entretient le suspense sur son éventuelle candidature à la présidentielle. | AFP/ALAIN JOCARD
AFP/ALAIN JOCARD
L'animateur et militant écologiste Nicolas Hulot entretient le suspense sur son éventuelle candidature à la présidentielle.
 
 
 
 
 
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Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 09:06

« Nous le savons : l'activité humaine est en train de bouleverser les équilibres naturels qui ont rendu notre planète habitable - des équilibres qui ont mis des millions d'années à s'instaurer. Le compte à rebours a commencé. Pour d'innombrables espèces animales et végétales, il est déjà trop tard. Quant aux hommes, ils sont des centaines de millions à souffrir de l'affaiblissement de leurs ressources et de la pollution, et seront demain encore plus nombreux à être victimes des dérèglements climatiques qui les chasseront de leurs terres et les pousseront à émigrer vers le nord, où les attend une autre forme de misère.
   Oui, nous le savons, mais nous ne faisons rien, ou si peu. Les hommes politiques des pays dits riches s'affrontent sur des questions qui paraîtront bientôt dérisoires devant la montée des périls écologiques.
   Pourtant, il n'est peut-être pas trop tard. L'élection présidentielle de 2007 en France est l'occasion de placer l'écologie au coeur du débat politique et d'élire un candidat capable d'infléchir la trajectoire qui nous mène vers l'abîme.
   Au printemps 2006, j'ai proposé au Comité de veille écologique de ma fondation de travailler avec moi à ce qui pourrait constituer les bases d'un pacte écologique entre les Français et leur nouveau président. Ce programme d'action, à la fois ambitieux et réaliste, vise à définir clairement des objectifs politiques et à proposer des mesures concrètes, techniquement et juridiquement applicables dès le début de son mandat, ainsi que des initiatives diplomatiques prioritaires.
   Le résultat de ce travail est le livre qui se trouve entre vos mains. Je vous demande de m'aider à interpeller tous les candidats à la magistrature suprême et de les inviter à se prononcer sur les mesures que nous proposons : sont-ils prêts à souscrire au pacte écologique ? Si oui, de quelle manière ? Sinon, que proposent-ils de faire ?
   Au XVIIIe siècle, la France des Lumières montra au reste du monde que l'homme pouvait prendre en main son destin. Elle peut à nouveau être à l'avant-garde d'une mutation essentielle pour le genre humain.
   L'heure n'est plus à la réflexion, aux analyses ou aux vaines querelles de chapelle.   
   Agissons ensemble avant qu'il ne soit trop tard. »

Calmann-Lévy, 18 euros. Ouvrage imprimé sur du papier 100 % recyclé.

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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 12:28
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /2006 17:20

Matthew Fontaine Maury est né dans l’Etat de Virginie, le 14 janvier 1806. Il passa sa jeunesse dans le Tennessee, en rêvant de rejoindre la marine. De 1825 à 1834, Maury accomplit ses trois premiers grands voyages : en Europe, autour du monde et sur la côte pacifique d’Amérique du sud.

De 1834 à 1841, Maury publia plusieurs ouvrages sur la navigation en mer. Il commença également à écrire des essais politiques appelant à une réforme de la marine. En 1842, Maury fut nommé surintendant du Depot of Charts and Instruments du Ministère de la marine. Il entreprit alors publier ses recherches océanographiques et météorologiques. A l’automne 1853, Maury, internationalement reconnu pour ses travaux, fut envoyé comme représentant des Etats-Unis à la première conférence maritime de Bruxelles. Déjà connu en Europe pour ses cartes de vents et de courants en différentes régions maritimes du globe, Maury en fut l'animateur, et son système d’enregistrement des données océanographiques recueillies par les navires militaires ou marchands fut alors adopté dans le monde entier. En 1855, il publia The Physical Geography of the Sea, qui est aujourd’hui considéré comme le premier manuel d’océanographie moderne.

Le 20 avril 1861, trois jours après la sécession de la Virginie, Maury démissionna de la marine des Etats-Unis. Quelques jours plus tard, il accepta le poste de commandant de la marine des Etats confédérés. Grâce à sa renommée internationale, il fut envoyé en Angleterre comme porte-parole du gouvernement confédéré et de la cause sudiste. Pendant la Guerre de Sécession, Maury parvint à acquérir des vaisseaux de guerre pour les Confédérés, et à organiser la défense des ports en faisant usage de mines électriques.

 

Après avoir passé quelques années consécutives à la Guerre de Sécession en Angleterre, Maury retourna en Virginie en 1868 pour accepter le poste de professeur de météorologie au Virginia Military Institute. A l’automne 1872, Maury tomba malade pendant l’un de ses cours. Il mourut le 1er février 1873.

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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /2006 08:52

Le Critias, comme le Timée, est l'un des derniers dialogues platoniciens.  Il porte en sous-titre " τλαντικός", ie "l'Atlantide", et s'attache à la description de ce continent esquissée dans le Timée (http://revueoceania.over-blog.org/article-4458236.html). Les protagonistes sont Hermocrate, Timée, Critias et Socrate. Critias, qui n'est jamais interrompu, entame le récit de la guerre qui opposa jadis Athènes à l’île Atlantide : " Avant tout, rappelons-nous qu’en somme il s’est écoulé neuf mille ans depuis la guerre qui, d’après les révélations des prêtres égyptiens, éclata entre les peuples qui habitaient au-dehors par-delà les colonnes d’Héraclès et tous ceux qui habitaient en deçà. C’est cette guerre qu’il me faut maintenant raconter en détail. En deçà, c’est notre ville, dit-on, qui eut le commandement et soutint toute la guerre ; au-delà, ce furent les rois de l’île Atlantide, île qui, nous l’avons dit, était autrefois plus grande que la Libye et l’Asie, mais qui, aujourd’hui, engloutie par des tremblements de terre, n’a laissé qu’un limon infranchissable, qui barre le passage à ceux qui cinglent d’ici vers la grande mer. " (Critias, 108b-109b)

Critias commence par une description de l'organisation politique des Grecs des temps anciens, puis vient celle du royaume des Atlantes. " Voilà donc quels étaient ces hommes et voilà comment ils administraient invariablement, selon les règles de la justice, leur pays et la Grèce. Ils étaient renommés dans toute l’Europe et toute l’Asie pour la beauté de leurs corps et les vertus de toute sorte qui ornaient leurs âmes, et ils étaient les plus illustres de tous les hommes d’alors. Quant à la condition et à la primitive histoire de leurs adversaires, si je n’ai pas perdu le souvenir de ce que j’ai entendu raconter étant encore enfant, c’est ce que je vais maintenant vous exposer, pour en faire partager la connaissance aux amis que vous êtes. " (Critias, 112d)

Poséidon, suite à un partage de la Terre en différents lots, se voit attribuer l'île de l'Atlantide. Il y installe des enfants qu'il a eu d'une mortelle. Le premier roi du pays est Atlas. Critias décrit l'organisation du royaume et poursuit : " Telle était la formidable puissance qui existait alors en cette contrée, et que le dieu assembla et tourna contre notre pays, pour la raison que voici. Pendant de nombreuses générations, tant que la nature du dieu se fit sentir suffisamment en eux, ils obéirent aux lois et restèrent attachés au principe divin auquel ils étaient apparentés. Ils n’avaient que des pensées vraies et grandes en tout point, et ils se comportaient avec douceur et sagesse en face de tous les hasards de la vie et à l’égard les uns des autres. Aussi, n’ayant d’attention qu’à la vertu, faisaient-ils peu de cas de leurs biens et supportaient-ils aisément le fardeau qu’était pour eux la masse de leur or et de leurs autres possessions. Ils n’étaient pas enivrés par les plaisirs de la richesse et, toujours maîtres d’eux-mêmes, ils ne s’écartaient pas de leur devoir. Tempérants comme ils étaient, ils voyaient nettement que tous ces biens aussi s’accroissaient par l’affection mutuelle unie à la vertu, et que, si on s’y attache et les honore, ils périssent eux-mêmes et la vertu avec eux. Tant qu’ils raisonnèrent ainsi et gardèrent leur nature divine, ils virent croître tous les biens dont j’ai parlé. Mais quand la portion divine qui était en eux s’altéra par son fréquent mélange avec un élément mortel considérable et que le caractère humain prédomina, incapables dès lors de supporter la prospérité, ils se conduisirent indécemment, et à ceux qui savent voir, ils apparurent laids, parce qu’ils perdaient les plus beaux de leurs biens les plus précieux, tandis que ceux qui ne savent pas discerner ce qu’est la vraie vie heureuse les trouvaient justement alors parfaitement beaux et heureux, tout infectés qu’ils étaient d’injustes convoitises et de l’orgueil de dominer. Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s’apercevant du malheureux état d’une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages. A cet effet, il réunit tous les dieux dans leur demeure, la plus précieuse, celle qui, située au centre de tout l’univers, voit tout ce qui participe à la génération, et, les ayant rassemblés, il leur dit : " (Critias, 120a-121a trad. E. Chambry)

Le Critias est en effet un dialogue inachevé. Le détail de la guerre qui opposa les grecs aux Atlantes ne nous est pas connu.

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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /2006 17:21

Les personnages du dialogue sont les mêmes que ceux du Critias : Hermocrate, Critias, Socrate et Timée, qui donne son nom à l'oeuvre.

Critias rapporte, peu après le début du dialogue, une histoire qu'il tient de son grand-père, qui la tenait de Solon : " Nous gardons ici par écrit beaucoup de grandes actions de votre cité [Athènes] qui provoquent l’admiration, mais il en est une qui les dépasse toutes en grandeur et en héroïsme. En effet, les monuments écrits disent que votre cité détruisit jadis une immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie tout entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique. On pouvait alors traverser cet Océan ; car il s’y trouvait une île devant ce détroit que vous appelez, dites-vous, les colonnes d’Héraclès. Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies. De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s’étend en face d’elles et borde cette véritable mer. Car tout ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port dont l’entrée est étroite, tandis que ce qui est au-delà forme une véritable mer et que la terre qui l’entoure a vraiment tous les titres pour être appelée continent. Or dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui étendait sa domination sur l’île entière et sur beaucoup d’autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, ils étaient maîtres de la Libye jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Or, un jour, cette puissance, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir d’un seul coup votre pays, le nôtre et tous les peuples en deçà du détroit. Ce fut alors [...] que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux du monde sa valeur et sa force. Comme elle l’emportait sur toutes les autres par le courage et tous les arts de la guerre, ce fut elle qui prit le commandement des Hellènes ; mais, réduite à ses seules forces par la défection des autres et mise ainsi dans la situation la plus critique, elle vainquit les envahisseurs, éleva un trophée, préserva de l’esclavage les peuples qui n’avaient pas encore été asservis, et rendit généreusement à la liberté tous ceux qui, comme nous, habitent à l’intérieur des colonnes d’Héraclès. Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cette mer-là est impraticable et inexplorable, la navigation étant gênée par les bas fonds vaseux que l’île a formés en s’affaissant. " (Timée, 23e-26b)

Le dialogue s'interrompt bientôt pour laisser place à un long exposé cosmogonique de Timée, qui laisse éclater in fine toute sa haine envers les poissons : " Et maintenant la tâche qui nous a été imposée en commençant, de faire l’histoire de l’univers jusqu’à la génération de l’homme, semble à peu près accomplie. Comment, à leur tour, les autres animaux sont venus à l’existence, c’est ce qu’il nous faut dire brièvement, là où il n’y a pas nécessité de s’étendre, et nous pouvons croire ainsi que nous gardons la juste mesure en traitant ce sujet. Voici donc ce que nous en dirons. Parmi les hommes qui avaient reçu l’existence, tous ceux qui se montrèrent lâches et passèrent leur vie à mal faire furent, suivant toute vraisemblance, transformés en femmes à leur deuxième incarnation. Ce fut à cette époque et pour cette raison que les dieux construisirent le désir de la conjonction charnelle, en façonnant un être animé en nous et un autre dans les femmes, et voici comment ils firent l’un et l’autre. Dans le canal de la boisson, à l’endroit où il reçoit les liquides, qui, après avoir traversé les poumons, pénètrent sous les rognons dans la vessie, pour être expulsés dehors sous la pression de l’air, les dieux ont percé une ouverture qui donne dans la moelle épaisse qui descend de la tête par le cou le long de l’échine, moelle que dans nos discours antérieurs nous avons appelée sperme. Cette moelle, parce qu’elle est animée et a trouvé une issue, a implanté dans la partie où se trouve cette issue un désir vivace d’émission et a ainsi donné naissance à l’amour de la génération. Voilà pourquoi chez les mâles les organes génitaux sont naturellement mutins et autoritaires, comme des animaux sourds à la voix de la raison, et, emportés par de furieux appétits, veulent commander partout. Chez les femmes aussi et pour les mêmes raisons, ce qu’on appelle la matrice ou l’utérus est un animal qui vit en elles avec le désir de faire des enfants. Lorsqu’il reste longtemps stérile après la période de la puberté, il a peine à le supporter, il s’indigne, il erre par tout le corps, bloque les conduits de l’haleine, empêche la respiration, cause une gêne extrême et occasionne des maladies de toute sorte, jusqu’à ce que, le désir et l’amour unissant les deux sexes, ils puissent cueillir un fruit, comme à un arbre, et semer dans la matrice, comme dans un sillon, des animaux invisibles par leur petitesse et encore informes, puis, différenciant leurs parties, les nourrir à l’intérieur, les faire grandir, puis, les mettant au jour, achever la génération des animaux. Telle est l’origine des femmes et de tout le sexe féminin.

La tribu des oiseaux vient par un changement de forme, la croissance de plumes au lieu de cheveux, de ces hommes sans malice, mais légers, qui discourent des choses d’en haut, mais s’imaginent dans leur simplicité que les preuves les plus solides en cette matière s’obtiennent par le sens de la vue.

L’espèce des animaux pédestres et des bêtes sauvages est issue des hommes qui ne prêtent aucune attention à la philosophie et n’ont pas d’yeux pour observer la nature du ciel, parce qu’ils ne font plus aucun usage des révolutions qui se font dans la tête et se laissent guider par les parties de l’âme qui résident dans la poitrine. Par suite de ces habitudes, leurs membres antérieurs et leur tête, attirés vers la terre par leur affinité avec elle, s’appuient sur elle, et leur crâne s’est allongé et a pris toutes sortes de formes, selon la manière dont la paresse a comprimé en chacun d’eux les cercles de l’âme. Cette race est née avec quatre pieds ou davantage pour la raison que voici. C’est que le dieu a donné aux plus inintelligents plus de supports, pour qu’ils fussent davantage attirés vers la terre. Parmi ces derniers mêmes, les plus stupides, qui étendent entièrement tout leur corps sur la terre, n ayant plus besoin de pieds, les dieux les ont engendrés sans pieds et les ont fait ramper sur le sol.

La quatrième espèce, qui vit dans l’eau, est née des plus stupides et des plus ignorants de tous. Ceux-là, les artisans de leur transformation ne les ont même plus jugés dignes de respirer un air pur, parce que leur âme était souillée de toutes sortes de fautes. Au lieu de les laisser respirer un air léger et pur, ils les ont enfoncés dans l’eau pour en respirer les troubles profondeurs. Voilà d’où est venue la nation des poissons, des coquillages et de tous les animaux aquatiques, qui, en raison de leur basse ignorance, ont en partage les demeures les plus basses. Tels sont les principes suivant lesquels, aujourd’hui comme alors, tous les animaux passent l’un dans l’autre, suivant qu’ils perdent ou gagnent en intelligence ou en stupidité.

Nous pouvons dire ici que notre discours sur l’univers est enfin arrivé à son terme ; car il a reçu en lui des êtres vivants mortels et immortels et il en a été rempli, et c’est ainsi qu’étant lui-même un animal visible qui embrasse tous les animaux visibles, dieu sensible fait à l’image de l’intelligible, il est devenu très grand, très bon, très beau et très parfait, ce ciel engendré seul de son espèce. " (Timée, 90b-92c, trad. Emile Chambry)

 

 

 

 

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