revueoceania.over-blog.org est un blog d'océanographie populaire et de vulgarisation scientifique. Il entend ne
pas se limiter à la lutte contre les dérives savantes et universitaires de l'océanographie actuelle, mais au contraire, développer chez les amoureux de l'Océan une véritable culture du savoir
amateur dans toutes les branches de la connaissance qui le captivent également...
Les spécialistes de la Méditerranée n'ont pas encore percé les mystères de son origine. L'algue toxique Ostreopsis ovata a surgi le 9 juillet sur les plages de Monaco, puis le 25 à Villefranche-sur-Mer, où une plage a été fermée en application du principe de précaution. Présente habituellement dans les eaux chaudes tropicales, cette algue microscopique unicellulaire, de la famille des dinoflagellés, appartient à un groupe de 600 espèces d'algues toxiques. Elle se fixe le long du littoral, au fond des eaux, sur les rochers ou les algues. Elle produit une toxine, la palytoxine, qui, lorsque Ostreopsis gagne la surface, se diffuse dans l'air et peut occasionner des désagréments après inhalation : rhume, toux, fièvre, troubles respiratoires, qui diminuent habituellement dans les 24 à 48 heures sans complications.
"SON ORIGINE, UN MYSTÈRE"
Alexandre Meinesz, professeur de biologie à l'université de Nice, souligne : Ostreopsis ovata "aime bien les eaux chaudes". Cependant, il reconnaît qu'on ne "sait pas vraiment comment s'en débarrasser. On ignore même d'où elle vient". En 2003 en Italie, dans le golfe de Gênes, 200 personnes avaient été intoxiquées et une vingtaine furent hospitalisées. En Catalogne, l'année suivante, des dizaines de résidents ont souffert de difficultés respiratoires. En France, en août 2006, plusieurs baigneurs fréquentant la calanque du Morgiret (île du Frioul au large de Marseille) ont présenté des irritations au visage.
Ces désagréments surviennent au moment de la reproduction de ces micro-algues. "Ici elle se développe plus car elle rentre en compétition avec d'autres espèces que l'on trouve en
Méditerranée", constate Rodolphe Lemée. Il admet qu'il s'avère impossible, pour l'heure, de préciser quelle sera la progression de cette algue : "Son origine demeure mystérieuse.
L'étudier est un travail passionnant !"
LE MONDE | 04.08.08
Paul Barelli