Poésie

Lundi 13 août 2007

Ce monde est mort. Mais quoi ! l'homme est-il mort aussi ?
Cette forme de lui disparaissant, l'a-t-elle
Lui-même remporté dans l'énigme éternelle ?
L'océan est désert. Pas une voile au loin.
Ce n'est plus que du flot que le flot est témoin.
Pas un esquif vivant sur l'onde où la mouette
Voit du Léviathan rôder la silhouette.
Est-ce que l'homme, ainsi qu'un feuillage jauni,
S'en est allé dans l'ombre ? Est-ce que c'est fini ?
Seul, le flux et reflux va, vient, passe et repasse.
Et l'œil, pour retrouver l'homme absent de l'espace
Regarde en vain là-bas. Rien.
Regardez là-haut.

 

 

Par Godon
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Samedi 9 juin 2007

 

 
Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue; et dans nos coeurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.
 
Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer
 
Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !
 
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.

Par Godon
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Lundi 3 juillet 2006

 

 

NAUFRAGE 

 

 

Une table tout près, une lampe très loin

Qui dans l'air irrité ne peuvent se rejoindre,

Et jusqu'à l'horizon une plage déserte.

"Un homme à la mer lève un bras, crie : ''Au secours !

Et l'écho lui répond : ''Qu'entendez-vous par là ? "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poème extrait de la section Les miroirs intérieurs du recueil Les amis inconnus, paru chez Gallimard en 1934.

 

Par Afroid
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Mardi 27 juin 2006

 

 

 Les poissons

 

 

 

 

 

 

 

 

Mémoire des poissons dans les criques profondes,

Que puis-je faire ici de vos lents souvenirs,

Je ne sais rien de vous qu’un peu d’écume et d’ombre

Et qu’un jour, comme moi, il vous faudra mourir.

 

 

 

Alors que venez-vous interroger mes rêves

Comme si je pouvais vous être de secours ?

Allez en mer, laissez-moi sur ma terre sèche

Nous ne sommes pas faits pour mélanger nos jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poème tiré de la section Les animaux invisibles, du recueil Les amis inconnus, paru en 1934 chez Gallimard.

 

 

 

Par Afroid
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