Ce monde est mort. Mais quoi ! l'homme est-il mort aussi ?
Cette forme de lui disparaissant, l'a-t-elle
Lui-même remporté dans l'énigme éternelle ?
L'océan est désert. Pas une voile au loin.
Ce n'est plus que du flot que le flot est témoin.
Pas un esquif vivant sur l'onde où la mouette
Voit du Léviathan rôder la silhouette.
Est-ce que l'homme, ainsi qu'un feuillage jauni,
S'en est allé dans l'ombre ? Est-ce que c'est fini ?
Seul, le flux et reflux va, vient, passe et repasse.
Et l'œil, pour retrouver l'homme absent de l'espace
Regarde en vain là-bas. Rien.
Regardez là-haut.
Par Godon
0
-
Recommander
NAUFRAGE
Une table tout près, une lampe très loin
Qui dans l'air irrité ne peuvent se rejoindre,
Et jusqu'à l'horizon une plage déserte.
"Un homme à la mer lève un bras, crie : ''Au secours !
Et l'écho lui répond : ''Qu'entendez-vous par là ? "
Poème extrait de la section Les miroirs intérieurs du recueil Les amis inconnus, paru chez Gallimard en 1934.
Par Afroid
0
-
Recommander
Les poissons
Mémoire des poissons dans les criques profondes,
Que puis-je faire ici de vos lents souvenirs,
Je ne sais rien de vous qu’un peu d’écume et d’ombre
Et qu’un jour, comme moi, il vous faudra mourir.
Alors que venez-vous interroger mes rêves
Comme si je pouvais vous être de secours ?
Allez en mer, laissez-moi sur ma terre sèche
Nous ne sommes pas faits pour mélanger nos jours.
Poème tiré de la section Les animaux invisibles, du recueil Les amis inconnus, paru en 1934 chez Gallimard.
Par Afroid
0
-
Recommander