Figures

Vendredi 25 juillet 2008

Regardant des poissons dans un aquarium, Kafka aurait déclaré :


“Maintenant je peux vous observer en paix : je ne vous mange plus.”


Par Godon
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Jeudi 9 novembre 2006

Matthew Fontaine Maury est né dans l’Etat de Virginie, le 14 janvier 1806. Il passa sa jeunesse dans le Tennessee, en rêvant de rejoindre la marine. De 1825 à 1834, Maury accomplit ses trois premiers grands voyages : en Europe, autour du monde et sur la côte pacifique d’Amérique du sud.

De 1834 à 1841, Maury publia plusieurs ouvrages sur la navigation en mer. Il commença également à écrire des essais politiques appelant à une réforme de la marine. En 1842, Maury fut nommé surintendant du Depot of Charts and Instruments du Ministère de la marine. Il entreprit alors publier ses recherches océanographiques et météorologiques. A l’automne 1853, Maury, internationalement reconnu pour ses travaux, fut envoyé comme représentant des Etats-Unis à la première conférence maritime de Bruxelles. Déjà connu en Europe pour ses cartes de vents et de courants en différentes régions maritimes du globe, Maury en fut l'animateur, et son système d’enregistrement des données océanographiques recueillies par les navires militaires ou marchands fut alors adopté dans le monde entier. En 1855, il publia The Physical Geography of the Sea, qui est aujourd’hui considéré comme le premier manuel d’océanographie moderne.

Le 20 avril 1861, trois jours après la sécession de la Virginie, Maury démissionna de la marine des Etats-Unis. Quelques jours plus tard, il accepta le poste de commandant de la marine des Etats confédérés. Grâce à sa renommée internationale, il fut envoyé en Angleterre comme porte-parole du gouvernement confédéré et de la cause sudiste. Pendant la Guerre de Sécession, Maury parvint à acquérir des vaisseaux de guerre pour les Confédérés, et à organiser la défense des ports en faisant usage de mines électriques.

 

Après avoir passé quelques années consécutives à la Guerre de Sécession en Angleterre, Maury retourna en Virginie en 1868 pour accepter le poste de professeur de météorologie au Virginia Military Institute. A l’automne 1872, Maury tomba malade pendant l’un de ses cours. Il mourut le 1er février 1873.

Par Godon
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Jeudi 30 mars 2006

L’exploration est le sport du savant. Auguste Piccard

 

 

 

 

Né en 1958, petit-fils d’Auguste Piccard et fils de Jacques Piccard, Bertrand Piccard est un aérostier connu pour avoir réussi, avec le britannique Brian Jones, à effectuer le premier tour du monde en ballon du 1er au 21 mars 1999, à bord du ballon Breitling Orbiter 3. Il se définit lui-même comme un « savanturier » conjuguant amour du savoir et passion de l’aventure.

L
e contexte familial privilégié marque profondément les premières années de Bertrand Piccard. Il peut rencontrer grâce à son père les héros de son enfance : ceux-ci s’appellent Hermann Geiger, avec lequel il effectue son baptême de l’air dans les Alpes, Jacques Mayol, avec lequel il plonge en Floride, et surtout Werner von Braun, le père du programme spatial américain, qui lui fait visiter Cap Kennedy, l’invite à tous les décollages de fusées américaines depuis Apollo 7 jusqu’à Apollo 12, et lui présente Charles Lindbergh ainsi que la plupart des astronautes de la NASA.


 

 

 

Werner von Braun à Peenemünde au milieu des années quarante. A l'extrême droite sur la photo, en costume sombre.

 



De retour en Suisse après deux ans passés en Floride, où son père a construit un mésoscaphe, Bertrand vit à seize ans sa première aventure aérienne comme pilote en découvrant l’aile Delta et l’ULM dont il devient un des pionniers en Europe. Membre fondateur de la Fédération Suisse de Vol Libre, membre fondateur et président d’honneur de l’Association Suisse d’Aviation Ultra légère, instructeur Delta et ULM, il explore le vol libre sous toutes ses formes : distance, altitude, acrobatie, largage depuis montgolfière, vol motorisé, parapente, parachutisme. Champion d’Europe de voltige en Delta, auteur d’un record du monde d’altitude et de plusieurs premières mondiales, il participe au premier Tour de France ULM en 1983 et réussit la première traversée des Alpes en ULM. Il fonde Piccard Aviation, participe au développement d’un prototype d’ULM et tente de promouvoir l’ULM comme une voie complémentaire à l’aviation traditionnelle, chère et peu écologique. Il remporte en 1992 le Chrysler Challenge, la première course transatlantique en ballon.


A
u total, Bertrand Piccard effectue plus de deux cent cinquante démonstrations lors de meetings aériens, et participe à de nombreux tournages cinématographiques et émissions télévisées. Il devient même héros de bande dessinée (La vrille, 37e tome des aventures de Dan Cooper ; scénario et dessins d'Albert Weinberg)...

 

 

 

 

 

 

 

Mais davantage que l’exploit ou le record, la fascination de Bertrand Piccard pour le vol libre a pour but l’étude du comportement humain et l’observation de l’émergence de différents niveaux de conscience en situations extrêmes. L’aile Delta devient pour lui un laboratoire psychologique, comme le ballon était pour son grand-père Auguste un laboratoire de physique. Désirant approfondir sa compréhension du « monde intérieur », il devient médecin et effectue une double spécialisation en psychiatrie et psychothérapie de l’adulte et de l’enfant.

S
a thèse de doctorat, La pédagogie de l’épreuve, est primée par la Faculté de médecine de Lausanne. Doué d’un regard fascinant, Bertrand Piccard se forme aux techniques d’hypnose en Europe et aux Etats-Unis, et devient enseignant et superviseur à la Société Médicale Suisse d’Hypnose. Après une période comme chef de clinique dans un service universitaire, il ouvre un cabinet de psychothérapie dans lequel il organise également des séminaires de formation à l’hypnothérapie.

 


Par ailleurs, son intérêt pour la médecine dépasse les frontières occidentales et le pousse à chercher du côté de l’Asie des réponses à certaines questions qu’il se pose. C’est ainsi qu’il fait la rencontre de différentes approches issues de traditions orientales, notamment taoïstes et shintoïstes, et qu’il s’efforce d’en extraire des complémentarités susceptibles d'enrichir sa pratique de médecin.

 

 

 

 

 

 

En janvier 1997, Bertrand Piccard a tenté un premier tour du monde en ballon sans escale, à bord du Breitling Orbiter, qui comprend une enveloppe d’air chaud entourant une autre poche de 15000 m3 d'hélium, tentative qui se solda par un échec après six heures de vol seulement, suite à des fuites de kérosène dans la cabine. Cette fuite de carburant contraint Bertrand Piccard et son coéquipier Wim Verstraeten à laisser amerrir leur ballon en Méditerranée au large de Toulon, non loin du bateau stationnaire de la fondation Stromberg, ce qui entraîne la perte de l’enveloppe. Le décollage avait failli mal se terminer, le ballon frôlant les peupliers près de la station-service de Château-d’Œx, dans les Préalpes suisses.

La deuxième 
tentative de Piccard a été réalisée à bord du Breitling Orbiter 2. Piccard fait toujours équipe avec Wim Verstraeten mais s’adjoint les services d’un technicien du constructeur Cameron Balloons : Andy Elson. Totalement libre de repartir à zéro et riche de sa première expérience, l’équipe décide de construire l’Orbiter 2, un ballon plus grand (16500 m3 d’hélium pour 53 mètres), qui s’envole à nouveau de Château-d’Œx, le 28 janvier 1998. Après une fuite d'air à un hublot, acrobatiquement colmatée de l’extérieur par Andy Elson, et un test de pressurisation de la cabine en conditions réelles (11 000 m et – 50°), ils poursuivent leur vol, mais le refus des autorités chinoises de laisser survoler le territoire de l’Empire du milieu sera finalement fatal aux espoirs des aéronautes.


Rabattus par un fort courant d’inversion, les aérostiers vont devoir contourner l'immense territoire chinois, par le sud et à très basse altitude, et à 25 km/h alors qu'un magnifique jet stream soufflait à 270 km/h entre l’Iran et Pékin. A nouveau contraints de se poser, leur voyage s’est terminé après dix jours par un atterrissage en pleine campagne birmane, au milieu de paysans éblouis. Le Breitling Orbiter 2 n'aura donc pas fait le tour du monde, mais le trio bat le record de durée d’un engin volant, avec 9 jours 17 heures et 55 minutes pour 8700 kilomètres parcourus.

Bertrand Piccard et son équipe décident de faire une troisième tentative et pour cela construisent le Breitling Orbiter 3, un ballon encore plus grand (18500 m3 d'hélium, 55m), apte à tenir l’air pendant trois semaines. Piccard décide aussi de changer de coéquipier : il engage d'abord Tony Brown, pilote de Concorde chez British Airways, mais l’aspect relationnel étant très important, il propose finalement à un autre Anglais, Brian Jones, pilote à la Royal Air Force et aérostier accompli, de l’accompagner.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour cette ultime tentative – il n’y en aurait pas eu d’autre – le lourd réservoir de kérosène est remplacé par trente-deux bouteilles de gaz propane (2,35 mètres de haut), plus aisées à manipuler. Le tour du monde est finalement bouclé après avoir volé près de 20 jours (exactement 447 heures et 47 minutes) sur une distance de 40805 km. 

En 2004, Bertrand Piccard annonce son nouveau projet, baptisé Solar Impulse, de circum-navigation en planeur solaire, en collaboration avec l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bertrand Piccard est l’auteur de plusieurs ouvrages :

 

 

Quand le vent souffle dans le sens de ton chemin, La Nacelle, 1993

Le tour du monde en 20 jours, Robert Laffont, 1999

La plus longue méharée et autres aventures exceptionnelles, Albin Michel, 2003

Une trace dans le ciel, Robert Laffont, 2006

 

 





Et s'il fallait conclure une telle odyssée familiale, nous devrions laisser le dernier mot à l’Association Jules Verne Aventures : « il n’y a pas d'explorateurs, hormis les astronautes de la lune, qui incarnent aussi bien que les Piccard l'aventure scientifique et humaine du XXe siècle, telle que l'aurait rêvée le visionnaire Jules Verne ».

 


La conquête des abysses et de la stratosphère, le premier tour du monde en ballon : de quoi perpétuer la légende du capitaine Nemo et de Phileas Fogg.

 

Gravure illustrant l'ouvrage de Jules Verne, Cinq semaines en ballon. Contrairement aux paysans birmans, les populations africaines réservent un accueil hostile au ballon des trois héros du roman.

Par Godon
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Vendredi 24 mars 2006

Fils du physicien suisse Auguste Piccard (voir notre article du 24 mars 2006), Jacques Piccard est né à Bruxelles. Au terme de brillantes études d'histoire, de physique et d'économie, il obtient en 1946 un diplôme d'économie à l'université de Genève, où il devient maître-assistant. Tout en travaillant comme économiste à Trieste, en Italie, il reçoit l'offre d'une entreprise locale afin de l'aider à construire un bathyscaphe. Piccard accepte cette offre et le Trieste, conçu par son père, est achevé en 1953.

 

 

 

 

En 1957, la marine américaine finance une série de plongées du Trieste au large de l'île de Capri, et, non sans arrière-pensées, achete le bathyscaphe. Jacques Piccard est alors engagé pour travailler sur le Trieste comme conseiller scientifique.

 

 

 

 

 

 

En 1959, le bathyscaphe est amené à l'île de Guam, dans l'océan Pacifique. Le 23 janvier 1960, Piccard et le lieutenant de marine américain Don Walsh (notre photo) plongent à bord du Trieste dans la fosse des Mariannes (Marianas Trench), jusqu'au point le plus profond de la Terre. Situé à 11 034 m de profondeur, le fond de cette fosse se trouve à une distance plus grande du niveau de la mer que ne l'est le sommet le plus élevé de la Terre, celui du mont Everest (8 848 m) ! L'expédition prouve que la vie est possible à cette profondeur où la pression est de huit tonnes par inch carré ! A travers les vitres du bathyscaphe, Piccard observe une espèce alors inconnue, l'holothurie (thyrone briareus), proche parente de l'étoile de mer et de l'oursin, qui sera par la suite appelée plus communément du nom évocateur de "concombre de mer", en raison de son corps d'aspect verruqueux et coriace. Le président Eisenhower remit à Piccard et à Walsh, en 1960, la décoration du Distinguished Public Service pour rendre hommage à leur talent. Don Walsh fut par la suite professeur à la célèbre University of Southern California.

 

 

 

  

 

Après l'expiration de son contrat avec la marine américaine, Piccard retourne en Suisse, à Lausanne, où il conçoit et construit l'Auguste Piccard, ou PX-44, un sous-marin de tourisme destiné à être fabriqué en série. Le sous-marin fait des centaines de voyages, transportant en tout trent-trois mille touristes à une profondeur d'environ 100 m dans le lac Léman, lors de l'Exposition nationale suisse de Lausanne en 1964. Plus tard, avec l'aide de l'industrie américaine et du Bureau océanographique de la marine américaine, Piccard met au point un autre sous-marin, le Ben Franklin (ou PX-15), destiné à étudier les courants océaniques. En 1969, Piccard et cinq observateurs dérivèrent pendant un mois, sans propulsion, dans le Gulf Stream, le long de la côte est des États-Unis, de Palm Beach (Floride) à Cape Hatteras (Caroline du Nord).

   

Parmi les ouvrages les plus connus de Piccard, on retiendra le livre écrit en collaboration avec l'océanographe américain Robert Dietz, A sept miles de profondeur (1961), traduit en néerlandais par David van Mel sous le titre Zeven mijlen onderzee, qui décrit la mythique plongée dans la fosse des Mariannes. Jacques Piccard est également l'auteur du superbe ouvrage Le soleil sous la mer, publié en 1971.

Jacques Piccard est le fils de l'aéronaute Bertrand Piccard.

Par Godon
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Vendredi 24 mars 2006

Auguste Piccard (1884-1962), physicien suisse, est connu pour son exploration de la stratosphère et des fonds sous-marins. Il naît à Bâle et fait ses études à l’Ecole polytechnique fédérale et devient en 1922 professeur de physique à l'université de Bruxelles. Il fait à cette époque la connaisssance d'Albert Einstein et de Marie Curie. En 1931, Piccard attire l'attention du monde entier en accomplissant la première ascension en ballon dans la stratosphère, atteignant une altitude de 15 787 m, un nouveau record mondial. Pendant ce vol, Piccard réunit des informations importantes sur l'intensité des rayons cosmiques dans la stratosphère. Il enregistre également des températures stratosphériques entre - 55 °C et - 60 °C. L'année suivante, il effectue une nouvelle ascension, améliorant son record précédent en atteignant une altitude de 16 940 m.

 

 

 

On voit ici Auguste Piccard dans un ballon, en compagnie de Paul Kipfer.

 

 

 

 

 


Encouragé par sa réussite dans la conquête de la stratosphère, il se consacre à partir de 1937 à l'exploration sous-marine. A cette époque – l’album Le trésor de Rackham le Rouge est de 1944 –, Piccard aurait inspiré à Hergé le personnage du Professeur Tournesol. D’autres ont prétendu, s’appuyant sur leur calvitie, leur surdité et leur barbichette communes, que le célèbre ami de Tintin avait été inspiré par Charles Maurras...

 

 

 

 A vous de juger.

 

 

 

 

 

 

En 1947, il construit le premier bathyscaphe, qui malheureusement, ne donne pas satisfaction.

 

 

 

 

 

 

 

 

  

En 1953, il lance son deuxième bathyscaphe, le FNRS 3, avec lequel il atteint la profondeur, très honorable pour l'époque, de 3 150 m. 

La chasse aux records dans les abysses est lancée : Piccard, insatisfait de ce succès de 1953, décide de mettre au point un bathyscaphe capable d’aller au plus profond. Il dessine les plans du bathyscaphe Trieste à bord duquel, en 1960 le propre fils d’Auguste Piccard, Jacques, atteindra 10 916 mètres dans la fosse des Mariannes . Cette profondeur ne sera jamais égalée.

 

 

 

 





Gravure illustrant l'ouvrage de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers.

Par Godon
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