eratque sescentorum annorum quando diluvii aquae inundaverunt super terram...
revueoceania.over-blog.org est un blog d'océanographie populaire et de vulgarisation scientifique. Il entend ne
pas se limiter à la lutte contre les dérives savantes et universitaires de l'océanographie actuelle, mais au contraire, développer chez les amoureux de l'Océan une véritable culture du savoir
amateur dans toutes les branches de la connaissance qui le captivent également...
eratque sescentorum annorum quando diluvii aquae inundaverunt super terram...
Océanographie est un recueil d'une quarantaine de textes datant de 1934.
Selon Eliade, "Cette tentative d'examiner la vie quotidienne de l'âme, de résoudre à nouveau, sérieusement, les problèmes simples - que personne ne prend plus en
considération parce qu'ils sont trop grands ou trop simples -, je l'appelle océanographie."
En quelques mots, tout est dit ou presque. Océanographie est le livre d'une investigation méthodique des abîmes de l'âme. Le ridicule, le bonheur, le temps, le sexe, les femmes, les hommes, la mort, la pensée, l'écriture, le célibat, etc. : Eliade part ainsi en quête de ce qui, secrètement, travaille chacun de nous. Univers de symboles, d'idées reçues, de croyances et de rêves. Au hasard des pages, les plus grands auteurs ont convoqué à l'appui de l'analyse : Eschyle ou Montaigne, Plutarque ou Thomas More, Platon ou Hegel... A travers un enchaînement de tableaux expressifs et de fragments argumentés, qui sont autant de dissertations où l'intelligence des phénomènes le dispute à l'acuité du regard et à la pertinence des réflexions, le lecteur voyage au coeur de ce qui pourrait finalement apparaître comme l'impensé de la culture.
"En réponse aux lecteurs de L'humanité disparaîtra, bon débarras (cf. notre page : http://revueoceania.over-blog.org/article-2544448.html ) qui lui demandaient comment sauver la planète, l'auteur prône une évolution vers la sagesse pour changer l'échelle des valeurs. Il propose de redonner un sens à l'humain en respectant le principe d'égalité et en faisant preuve de générosité et de solidarité."
Voici comment l'éditeur présente ce récent ouvrage de Yves Paccalet. Les fidèles lecteurs de http://revueoceania.over-blog.org/ savent bien ce qu'il faut penser de ce lieutenant du Commandant Cousteau...
Ouvrage paru en 1901, Robinsons sous-marins est un livre indispensable à tous les passionnés de scaphandres.
Nous vous recommandons par ailleurs le lien suivant, pour ceux à qui l'article aurait échappé à l'époque : http://revueoceania.over-blog.org/article-3209533.html
« Nous le savons : l'activité humaine est en train de bouleverser les équilibres naturels qui ont rendu notre planète habitable - des équilibres qui ont mis des millions d'années à s'instaurer. Le compte à rebours a commencé. Pour d'innombrables espèces animales et végétales, il est déjà trop tard. Quant aux hommes, ils sont des centaines de millions à souffrir de l'affaiblissement de leurs ressources et de la pollution, et seront demain encore plus nombreux à être victimes des dérèglements climatiques qui les chasseront de leurs terres et les pousseront à émigrer vers le nord, où les attend une autre forme de misère.
Oui, nous le savons, mais nous ne faisons rien, ou si peu. Les hommes politiques des pays dits riches s'affrontent sur des questions qui paraîtront bientôt dérisoires devant la montée des périls écologiques.
Pourtant, il n'est peut-être pas trop tard. L'élection présidentielle de 2007 en France est l'occasion de
placer l'écologie au coeur du débat politique et d'élire un candidat capable d'infléchir la trajectoire qui nous mène vers l'abîme.
Au printemps 2006, j'ai proposé au Comité de veille écologique de ma fondation de travailler avec moi à ce qui pourrait constituer les bases d'un pacte écologique entre les Français et leur nouveau président. Ce programme d'action, à la fois ambitieux et réaliste, vise à définir clairement des objectifs politiques et à proposer des mesures concrètes, techniquement et juridiquement applicables dès le début de son mandat, ainsi que des initiatives diplomatiques prioritaires.
Le résultat de ce travail est le livre qui se trouve entre vos mains. Je vous demande de m'aider à interpeller tous les candidats à la magistrature suprême et de les inviter à se prononcer sur les mesures que nous proposons : sont-ils prêts à souscrire au pacte écologique ? Si oui, de quelle manière ? Sinon, que proposent-ils de faire ?
Au XVIIIe siècle, la France des Lumières montra au reste du monde que l'homme pouvait prendre en main son destin. Elle peut à nouveau être à l'avant-garde d'une mutation essentielle pour le genre humain.
L'heure n'est plus à la réflexion, aux analyses ou aux vaines querelles de chapelle.
Agissons ensemble avant qu'il ne soit trop tard. »
Calmann-Lévy, 18 euros. Ouvrage imprimé sur du papier 100 % recyclé.
Le Critias, comme le Timée, est l'un des derniers dialogues platoniciens. Il porte en sous-titre "ἢ Ἀτλαντικός", ie "l'Atlantide", et s'attache à la description de ce continent esquissée dans le Timée (http://revueoceania.over-blog.org/article-4458236.html). Les protagonistes sont Hermocrate, Timée, Critias et Socrate. Critias, qui n'est jamais interrompu, entame le récit de la guerre qui opposa jadis Athènes à l’île Atlantide : " Avant tout, rappelons-nous qu’en somme il s’est écoulé neuf mille ans depuis la guerre qui, d’après les révélations des prêtres égyptiens, éclata entre les peuples qui habitaient au-dehors par-delà les colonnes d’Héraclès et tous ceux qui habitaient en deçà. C’est cette guerre qu’il me faut maintenant raconter en détail. En deçà, c’est notre ville, dit-on, qui eut le commandement et soutint toute la guerre ; au-delà, ce furent les rois de l’île Atlantide, île qui, nous l’avons dit, était autrefois plus grande que la Libye et l’Asie, mais qui, aujourd’hui, engloutie par des tremblements de terre, n’a laissé qu’un limon infranchissable, qui barre le passage à ceux qui cinglent d’ici vers la grande mer. " (Critias, 108b-109b)
Critias commence par une description de l'organisation politique des Grecs des temps anciens, puis vient celle du royaume des Atlantes. " Voilà donc quels étaient ces hommes et voilà comment ils administraient invariablement, selon les règles de la justice, leur pays et la Grèce. Ils étaient renommés dans toute l’Europe et toute l’Asie pour la beauté de leurs corps et les vertus de toute sorte qui ornaient leurs âmes, et ils étaient les plus illustres de tous les hommes d’alors. Quant à la condition et à la primitive histoire de leurs adversaires, si je n’ai pas perdu le souvenir de ce que j’ai entendu raconter étant encore enfant, c’est ce que je vais maintenant vous exposer, pour en faire partager la connaissance aux amis que vous êtes. " (Critias, 112d)
Poséidon, suite à un partage de la Terre en différents lots, se voit attribuer l'île de l'Atlantide. Il y installe des enfants qu'il a eu d'une mortelle. Le premier roi du pays est Atlas. Critias décrit l'organisation du
royaume et poursuit : " Telle était la formidable puissance qui existait alors en cette contrée, et que le dieu assembla et tourna contre notre pays, pour la raison que voici. Pendant de nombreuses générations, tant que la nature du dieu se fit sentir suffisamment en eux, ils obéirent aux lois et restèrent attachés au principe divin auquel ils étaient apparentés. Ils n’avaient que des pensées vraies et grandes en tout point, et ils se comportaient avec douceur et sagesse en face de tous les hasards de la vie et à l’égard les uns des autres. Aussi, n’ayant d’attention qu’à la vertu, faisaient-ils peu de cas de leurs biens et supportaient-ils aisément le fardeau qu’était pour eux la masse de leur or et de leurs autres possessions. Ils n’étaient pas enivrés par les plaisirs de la richesse et, toujours maîtres d’eux-mêmes, ils ne s’écartaient pas de leur devoir. Tempérants comme ils étaient, ils voyaient nettement que tous ces biens aussi s’accroissaient par l’affection mutuelle unie à la vertu, et que, si on s’y attache et les honore, ils périssent eux-mêmes et la vertu avec eux. Tant qu’ils raisonnèrent ainsi et gardèrent leur nature divine, ils virent croître tous les biens dont j’ai parlé. Mais quand la portion divine qui était en eux s’altéra par son fréquent mélange avec un élément mortel considérable et que le caractère humain prédomina, incapables dès lors de supporter la prospérité, ils se conduisirent indécemment, et à ceux qui savent voir, ils apparurent laids, parce qu’ils perdaient les plus beaux de leurs biens les plus précieux, tandis que ceux qui ne savent pas discerner ce qu’est la vraie vie heureuse les trouvaient justement alors parfaitement beaux et heureux, tout infectés qu’ils étaient d’injustes convoitises et de l’orgueil de dominer. Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s’apercevant du malheureux état d’une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages. A cet effet, il réunit tous les dieux dans leur demeure, la plus précieuse, celle qui, située au centre de tout l’univers, voit tout ce qui participe à la génération, et, les ayant rassemblés, il leur dit : " (Critias, 120a-121a trad. E. Chambry)
Le Critias est en effet un dialogue inachevé. Le détail de la guerre qui opposa les grecs aux Atlantes ne nous est pas connu.
Les personnages du dialogue sont les mêmes que ceux du Critias : Hermocrate, Critias, Socrate et Timée, qui donne son nom à l'oeuvre.
Critias rapporte, peu après le début du dialogue, une histoire qu'il tient de son grand-père, qui la tenait de Solon : " Nous gardons ici par écrit beaucoup de grandes actions de votre cité [Athènes] qui provoquent l’admiration, mais il en est une qui les dépasse toutes en grandeur et en héroïsme. En effet, les monuments écrits disent que votre cité détruisit jadis une immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie tout entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique. On pouvait alors traverser cet Océan ; car il s’y trouvait une île devant ce détroit que vous appelez, dites-vous, les colonnes d’Héraclès.
Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies. De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s’étend en face d’elles et borde cette véritable mer. Car tout ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port dont l’entrée est étroite, tandis que ce qui est au-delà forme une véritable mer et que la terre qui l’entoure a vraiment tous les titres pour être appelée continent. Or dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui étendait sa domination sur l’île entière et sur beaucoup d’autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, ils étaient maîtres de la Libye jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Or, un jour, cette puissance, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir d’un seul coup votre pays, le nôtre et tous les peuples en deçà du détroit. Ce fut alors [...] que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux du monde sa valeur et sa force. Comme elle l’emportait sur toutes les autres par le courage et tous les arts de la guerre, ce fut elle qui prit le commandement des Hellènes ; mais, réduite à ses seules forces par la défection des autres et mise ainsi dans la situation la plus critique, elle vainquit les envahisseurs, éleva un trophée, préserva de l’esclavage les peuples qui n’avaient pas encore été asservis, et rendit généreusement à la liberté tous ceux qui, comme nous, habitent à l’intérieur des colonnes d’Héraclès. Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cette mer-là est impraticable et inexplorable, la navigation étant gênée par les bas fonds vaseux que l’île a formés en s’affaissant. " (Timée, 23e-26b)
Le dialogue s'interrompt bientôt pour laisser place à un long exposé cosmogonique de Timée, qui laisse éclater in fine toute sa haine envers les poissons : " Et maintenant la tâche qui nous a été imposée en commençant, de faire l’histoire de l’univers jusqu’à la génération de l’homme, semble à peu près accomplie. Comment, à leur tour, les autres animaux sont venus à l’existence, c’est ce qu’il nous faut dire brièvement, là où il n’y a pas nécessité de s’étendre, et nous pouvons croire ainsi que nous gardons la juste mesure en traitant ce sujet. Voici donc ce que nous en dirons. Parmi les hommes qui avaient reçu l’existence, tous ceux qui se montrèrent lâches et passèrent leur vie à mal faire furent, suivant toute vraisemblance, transformés en femmes à leur deuxième incarnation. Ce fut à cette époque et pour cette raison que les dieux construisirent le désir de la conjonction charnelle, en façonnant un être animé en nous et un autre dans les femmes, et voici comment ils firent l’un et l’autre. Dans le canal de la boisson, à l’endroit où il reçoit les liquides, qui, après avoir traversé les poumons, pénètrent sous les rognons dans la vessie, pour être expulsés dehors sous la pression de l’air, les dieux ont percé une ouverture qui donne dans la moelle épaisse qui descend de la tête par le cou le long de l’échine, moelle que dans nos discours antérieurs nous avons appelée sperme. Cette moelle, parce qu’elle est animée et a trouvé une issue, a implanté dans la partie où se trouve cette issue un désir vivace d’émission et a ainsi donné naissance à l’amour de la génération. Voilà pourquoi chez les mâles les organes génitaux sont naturellement mutins et autoritaires, comme des animaux sourds à la voix de la raison, et, emportés par de furieux appétits, veulent commander partout. Chez les femmes aussi et pour les mêmes raisons, ce qu’on appelle la matrice ou l’utérus est un animal qui vit en elles avec le désir de faire des enfants. Lorsqu’il reste longtemps stérile après la période de la puberté, il a peine à le supporter, il s’indigne, il erre par tout le corps, bloque les conduits de l’haleine, empêche la respiration, cause une gêne extrême et occasionne des maladies de toute sorte, jusqu’à ce que, le désir et l’amour unissant les deux sexes, ils puissent cueillir un fruit, comme à un arbre, et semer dans la matrice, comme dans un sillon, des animaux invisibles par leur petitesse et encore informes, puis, différenciant leurs parties, les nourrir à l’intérieur, les faire grandir, puis, les mettant au jour, achever la génération des animaux. Telle est l’origine des femmes et de tout le sexe féminin.
La tribu des oiseaux vient par un changement de forme, la croissance de plumes au lieu de cheveux, de ces hommes sans malice, mais légers, qui discourent des choses d’en haut, mais s’imaginent dans leur simplicité que les preuves les plus solides en cette matière s’obtiennent par le sens de la vue.
L’espèce des animaux pédestres et des bêtes sauvages est issue des hommes qui ne prêtent aucune attention à la philosophie et n’ont pas d’yeux pour observer la nature du ciel, parce qu’ils ne font plus aucun usage des révolutions qui se font dans la tête et se laissent guider par les parties de l’âme qui résident dans la poitrine. Par suite de ces habitudes, leurs membres antérieurs et leur tête, attirés vers la terre par leur affinité avec elle, s’appuient sur elle, et leur crâne s’est allongé et a pris toutes sortes de formes, selon la manière dont la paresse a comprimé en chacun d’eux les cercles de l’âme. Cette race est née avec quatre pieds ou davantage pour la raison que voici. C’est que le dieu a donné aux plus inintelligents plus de supports, pour qu’ils fussent davantage attirés vers la terre. Parmi ces derniers mêmes, les plus stupides, qui étendent entièrement tout leur corps sur la terre, n ayant plus besoin de pieds, les dieux les ont engendrés sans pieds et les ont fait ramper sur le sol.
La quatrième espèce, qui vit dans l’eau, est née des
Nous pouvons dire ici que notre discours sur l’univers est enfin arrivé à son terme ; car il a reçu en lui des êtres vivants mortels et immortels et il en a été rempli, et c’est ainsi qu’étant lui-même un animal visible qui embrasse tous les animaux visibles, dieu sensible fait à l’image de l’intelligible, il est devenu très grand, très bon, très beau et très parfait, ce ciel engendré seul de son espèce. " (Timée, 90b-92c, trad. Emile Chambry)
plus stupides et des plus ignorants de tous. Ceux-là, les artisans de leur transformation ne les ont même plus jugés dignes de respirer un air pur, parce que leur âme était souillée de toutes sortes de fautes. Au lieu de les laisser respirer un air léger et pur, ils les ont enfoncés dans l’eau pour en respirer les troubles profondeurs. Voilà d’où est venue la nation des poissons, des coquillages et de tous les animaux aquatiques, qui, en raison de leur basse ignorance, ont en partage les demeures les plus basses. Tels sont les principes suivant lesquels, aujourd’hui comme alors, tous les animaux passent l’un dans l’autre, suivant qu’ils perdent ou gagnent en intelligence ou en stupidité.
Ça fonctionne partout, tantôt sans arrêt, tantôt discontinu. Ça respire, ça chauffe, ça mange. Ça chie, ça baise. Quelle erreur d’avoir dit le ça. Partout ce sont des machines, pas du tout métaphoriquement : des machines de machines, avec leurs couplages, leurs connexions. Une machine-organe est branchée sur une machine-source : l’une émet un flux, que l’autre coupe. Le sein est une machine qui produit du lait, et la bouche, une machine couplée sur celle-là. La bouche de l’anorexique hésite entre une machine à manger, une machine anale, une machine à parler, une machine à respirer (crise d’asthme). C’est ainsi qu’on est tous bricoleurs ; chacun ses petites machines. Une machine-organe pour une machine-énergie, toujours des flux et des coupures. Le président Schreber a les rayons du ciel dans le cul. Anus solaire. Et soyez sûrs que ça marche ; le président Schreber sent quelque chose, et peut en faire la théorie. Quelque chose se produit : des effets de machine, et non des métaphores.
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Pour être océanographe amateur, nous n'en sommes pas moins de fervents lecteurs des aventures -pas toujours terrestres, d'ailleurs - de Tintin. Nos lecteurs s'en seront aperçu.
Nous proposons aujourd'hui un ouvrage original, paru en 1996, dont l'un des auteurs n'est pas moins que métaphysicien. Jean-Luc Marion prévient charitablement : "La remontée de l'ontique à l'éthique pourrait ainsi définir une caractéristique essentielle des aventures de Tintin : le monde se joue en termes de vérité et de mensonge, de fidélité et de trahison, d'amitié et de haine, de bien et de mal. Et le reste, à la fin, disparaît dans l'insignifiance. La vérité est donc faite par Tintin le Terrible. Nous pouvons à nouveau parler et lire. De ce langage voici l'alphabet."
De charité, il est encore question - non plus à titre de prolégomène, cette fois - lorsque Marion, commentant le magnifique Tintin au Tibet, fait de Tintin, Haddock et Milou la personnification des trois vertus théologales (Foi, Espérance, Charité)...
Et le Yéti, alors, n'est-ce pas lui, plutôt, qui incarne la Charité ?...