Mercredi 11 mars 2009

Le CO2 ne menace pas seulement le climat, il dégrade aussi les océans : en absorbant une part du carbone atmosphérique excédentaire, les mers tendent à devenir de plus en plus acides. Un phénomène qui pourrait à l'avenir fragiliser certaines espèces formant la base de la chaîne alimentaire. Des travaux publiés, dimanche 8 mars dans la revue Nature Geoscience, suggèrent que ces bouleversements, prévus par les expérimentations en laboratoire, sont en cours et que leur magnitude est déjà importante.


Lorsque les eaux océaniques deviennent plus acides, certains organismes - en particulier planctons et coquillages - ont plus de difficultés à former leur exosquelette de calcaire ou leur coquille. Depuis le début de l'ère industrielle, le pH moyen des océans a chuté environ de 0,1 point, mais l'incidence de cette variation sur le vivant est délicate à évaluer.


William Howard (Antarctic Climate and Ecosystems Cooperative Research Centre, Australie) et ses coauteurs sont parvenus à comparer des foraminifères actuels - une vaste famille de planctons unicellulaires - à leurs semblables fossiles, extraits de carottes sédimentaires prélevées dans l'océan Austral. Les chercheurs constatent qu'en moyenne, la masse des minuscules enveloppes calcaires de ces micro-organismes est aujourd'hui jusqu'à 30 % à 35 % inférieure à ce qu'elle était au cours de l'Holocène - c'est-à-dire les 10 000 dernières années. "Cela est cohérent avec une réduction de "calcification" induite par l'acidification de l'océan", écrivent les auteurs.


La fragilisation du plancton peut avoir des conséquences importantes. Non seulement celui-ci forme les bases de la chaîne alimentaire océanique mais il participe à absorber le CO2 atmosphérique par photosynthèse. La réduction de son activité pourrait impliquer l'affaissement de l'activité biologique de l'océan dans son ensemble. D'où un impact sur les ressources halieutiques et sur la conchyliculture, etc.


Les résultats présentés par les océanographes australiens fournissent la première preuve expérimentale que l'augmentation de la teneur atmosphérique en CO2 - 386 parties par millions (ppm) aujourd'hui contre 270 ppm avant l'ère industrielle - produit d'ores et déjà un impact fort sur les écosystèmes marins.


Cela n'allait pas de soi. En effet, la capacité à calcifier des organismes calcaires change en fonction de l'acidité du milieu mais aussi de sa richesse en nutriments, de sa température, de sa salinité, etc. Et certaines expériences in vitro ont donné des résultats surprenants, certaines suggérant même que des planctons se portaient mieux dans un milieu plus acide. Ainsi, par exemple, de certains coccolithophoridés, une autre famille de planctons...


Du coup, avoir la certitude que les changements mesurés par William Howard et ses coauteurs sont bel et bien dus au CO2 émis par l'homme est chose difficile. Mais les auteurs avancent un autre résultat à l'appui de leurs conclusions. Ils ont ainsi examiné les variations - ténues - de masse de Globigerina bulloides (un foraminifère) sur une période de cinquante mille ans et les ont mises en parallèle avec les fluctuations de la concentration atmosphérique en CO2 intervenues sur la même période. Celles-ci sont données par les carottes de glace prélevées sur le continent Blanc. Résultat : la corrélation est très forte. Plus le CO2 est élevé, plus la masse de l'enveloppe de bulloides est faible. La composition de la basse atmosphère se répercute invariablement et rapidement sur la biologie de l'océan.


Encore très peu étudiée voilà seulement cinq ans, l'acidification des océans est aujourd'hui au centre de nombreux programmes de recherche. Le pH moyen des eaux de surface, qui était de 8,2 environ avant l'ère industrielle, devrait atteindre 7,8 à 7,9 à la fin du siècle. Les spécialistes s'accordent pour dire que de tels niveaux d'acidité n'ont jamais été atteints au cours du million d'années écoulé. Mais, là encore, la science est jeune et les incertitudes sont importantes. Ainsi, des mesures menées par Timothy Wootton (université de Chicago) et publiées fin 2008 par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) ont montré qu'au cours de la décennie écoulée, certaines eaux côtières du Pacifique se sont acidifiées à un rythme dix à vingt fois supérieur à ce qu'attendaient les chercheurs.

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Mardi 5 août 2008

Les spécialistes de la Méditerranée n'ont pas encore percé les mystères de son origine. L'algue toxique Ostreopsis ovata a surgi le 9 juillet sur les plages de Monaco, puis le 25 à Villefranche-sur-Mer, où une plage a été fermée en application du principe de précaution. Présente habituellement dans les eaux chaudes tropicales, cette algue microscopique unicellulaire, de la famille des dinoflagellés, appartient à un groupe de 600 espèces d'algues toxiques. Elle se fixe le long du littoral, au fond des eaux, sur les rochers ou les algues. Elle produit une toxine, la palytoxine, qui, lorsque Ostreopsis gagne la surface, se diffuse dans l'air et peut occasionner des désagréments après inhalation : rhume, toux, fièvre, troubles respiratoires, qui diminuent habituellement dans les 24 à 48 heures sans complications.

Plus que sa présence, c'est sa concentration que les chercheurs étudient afin de déterminer son évolution. Telle est la mission de Rodolphe Lemée, biologiste marin au laboratoire d'océanologie de Villefranche-sur-Mer. Il dirige un projet de recherche, lancé au début de l'année, réunissant l'université de Nice Sophia-Antipolis, l'Ifremer et la chambre de commerce et d'industrie de Nice. Premier constat : Ostreopsis est retournée à la case départ. "L'algue a déjà été observée dans la baie de Villefranche au début des années 1970, raconte Rodolphe Lemée. Elle devait être relativement rare. Depuis une dizaine d'années, elle est apparue en Espagne ou en Italie. Mais depuis quatre ou cinq ans, on assiste à une prolifération des floraisons dans les eaux méditerranéennes."

 

"SON ORIGINE, UN MYSTÈRE"

 

Alexandre Meinesz, professeur de biologie à l'université de Nice, souligne : Ostreopsis ovata "aime bien les eaux chaudes". Cependant, il reconnaît qu'on ne "sait pas vraiment comment s'en débarrasser. On ignore même d'où elle vient". En 2003 en Italie, dans le golfe de Gênes, 200 personnes avaient été intoxiquées et une vingtaine furent hospitalisées. En Catalogne, l'année suivante, des dizaines de résidents ont souffert de difficultés respiratoires. En France, en août 2006, plusieurs baigneurs fréquentant la calanque du Morgiret (île du Frioul au large de Marseille) ont présenté des irritations au visage.

Ces désagréments surviennent au moment de la reproduction de ces micro-algues. "Ici elle se développe plus car elle rentre en compétition avec d'autres espèces que l'on trouve en Méditerranée", constate Rodolphe Lemée. Il admet qu'il s'avère impossible, pour l'heure, de préciser quelle sera la progression de cette algue : "Son origine demeure mystérieuse. L'étudier est un travail passionnant !"

LE MONDE | 04.08.08

Paul Barelli

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Vendredi 25 juillet 2008

Regardant des poissons dans un aquarium, Kafka aurait déclaré :


“Maintenant je peux vous observer en paix : je ne vous mange plus.”


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Vendredi 18 juillet 2008

 

Notion élaborée par l’écrivain Romain Rolland, le « sentiment océanique » se définit comme la volonté de faire un avec le monde, hors de toute croyance religieuse.

 

En 1923, la correspondance entre Sigmund Freud et Romain Rolland prend un tour nouveau. L’échange s’établit à l’initiative du premier, qui assure le second de sa vive admiration ; cela a de quoi étonner : Romain Rolland, théoricien de l’amour universel, est porté sur les utopies politiques et religieuses, alors que Freud, comme il l’écrit lui-même dans une lettre à son ami, considère qu’il a « passé une très grande partie de sa vie à travailler à la destruction de ses propres illusions et de celles de l’humanité ».

Un phénomène va cristalliser les différences de vues entre les deux hommes : dans l’une de ses lettres, Rolland demande à Freud comment il analyserait ce qu’il appelle le « sentiment océanique », cette sensation de l’infini, hors de toute croyance religieuse structurée, qu’il dit éprouver fréquemment, et qui reste inconnue au maître de la psychanalyse – de même, d’ailleurs, que la musique le laisse de marbre. « Combien me sont étrangers les mondes dans lesquels vous évoluez ! La mystique m’est aussi fermée que la musique », écrit-il à Romain Rolland, qui répondra: « Je puis à peine penser que la mystique et la musique vous soient étrangères… je crois plutôt que vous vous en méfiez, pour l’intégrité de la raison critique dont vous maniez l’instrument ». En lui jetant entre les pattes le « sentiment océanique », il a mis Freud dans un embarras dont celui-ci ne réussira jamais vraiment à se dépêtrer. Il essaiera de l’assimiler à un retour à la quiétude intra-utérine, sans convaincre son ami, qui fera valoir que le « sentiment océanique » est aussi « une expansion illimitée, positive, consciente d’elle-même » et qu’elle s’accompagne « d’un bien-être souverain irréductible à une quiétude infantile ».

Pire, Romain Rolland contre-attaque en retournant contre son ami ses armes de prédilection: « Vous, docteurs de l’Inconscient, au lieu de vous faire, pour mieux le posséder, citoyens de cet empire illimité, vous n’y entrez jamais qu’en étrangers, imbus d’une idée préconçue de la supériorité de la partie dont vous venez… La méfiance que manifestent certains maîtres de la psychanalyse pour le libre jeu naturel de l’esprit, qui jouit de sa propre possession, traduit, à leur insu, une sorte d’ascétisme et de renoncement religieux à rebours ».

 

La matière de cette riche correspondance sera reprise par Sigmund Freud dans son Malaise dans la civilisation. D’après lui, le « sentiment océanique » n’est pas à l’origine du besoin religieux, qui proviendrait plutôt des sentiments de désaide (Hilflosigkeit) infantile et de désirance pour le Père, remplacés ensuite par l'angoisse devant la puissance du destin.

 

 

Nous publions ci-dessous le début du premier chapitre de Malaise dans la civilisation. L’ « homme éminent » dont il est question n’est autre que Romain Rolland lui-même…

 

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Vendredi 18 juillet 2008

 

On ne peut se défendre de l'impression que les hommes se trompent généralement dans leurs Evaluations. Tandis qu'ils s'efforcent d'acquérir à leur profit la jouissance, le succès ou la richesse, ou qu'ils les admirent chez autrui, ils sous-estiment en revanche les vraies valeurs de la vie. Mais sitôt qu'on porte un jugement d'un ordre aussi général, on s'expose au danger d’oublier la grande diversité que présentent les êtres et les âmes. Une époque peut ne pas se refuser à honorer de grands hommes, bien que leur célébrité soit due à des qualités et des oeuvres totalement étrangères aux objectifs et aux idéals de la masse. On admettra volontiers, toutefois, que seule une minorité sait les reconnaître, alors que la grande majorité les ignore. Mais, étant donné que les pensées des hommes ne s'accordent pas avec leurs actes, en raison au surplus de la multiplicité de leurs désirs instinctifs, les choses ne sauraient être aussi simples.

L'un de ses hommes éminents se déclare dans ses lettres mon ami. Je lui avais adressé le petit livre où je traite la religion d'illusion ; il me répondit qu'il serait entièrement d'accord avec moi s'il ne devait regretter que je n'eusse tenu aucun compte de la source réelle de la religiosité. Celle-ci résiderait, à ses yeux, dans un sentiment particulier dont lui-même était constamment animé, dont beaucoup d'autres lui avaient confirmé la réalité, dont enfin il était en droit de supposer l'existence chez des millions d'être humains. Ce sentiment, il l'appellerait volontiers la sensation de l'éternité, il y verrait le sentiment de quelque chose d'illimité, d'infini, en un mot : d’ « océanique ». Il en ferait ainsi une donnée purement subjective, et nullement un article de foi. Aucune promesse de survie personnelle ne s'y rattacherait. Et pourtant, telle serait la source de l'énergie religieuse, source captée par les diverses Eglises ou les multiples systèmes religieux, par eux canalisée dans certaines voies, et même tarie aussi. Enfin la seule existence de ce sentiment océanique autoriserait à se déclarer religieux, alors même qu'on répudierait toute croyance ou toute illusion.

Cette déclaration de la part d'un ami que j'honore, et qui a lui même décrit en termes poétiques le charme de l'illusion, m'a fort embarrassé. En moi-même, impossible de découvrir pareil sentiment « océanique ». Et puis, il est malaisé de traiter scientifiquement des sentiments. On peut tenter d'en décrire les manifestations physiologiques. Mais, quand celles-ci vous échappent − et je crains fort que le sentiment océanique lui aussi ne se dérobe à une telle description −, il ne reste qu’à s'en tenir au contenu des représentations les plus aptes à s'associer au sentiment en question. Si j'ai bien compris mon ami, sa pensée aurait quelque analogie avec celle de ce poète original qui, en guise de consolation, en face d'une mort librement choisie, fait dire à son héros : « Nous ne pouvons choir de ce monde ». Il s’agirait donc d'un sentiment d'union indissoluble avec le grand Tout, et d'appartenance à l'universel. Mais, à mon sens, il s'agirait plutôt d'une vue intellectuelle, associée à un élément affectif certain, lequel, comme on sait, ne fait jamais défaut dans des pensées de si vaste envergure. Si je m'analyse, je ne puis me convaincre par moi-même de la nature primaire d'un tel sentiment, mais ceci ne m'autorise pourtant pas à en nier la réalité chez autrui. La seule question est de savoir si son interprétation est exacte et si l'on doit reconnaître en lui le fons et origo de tout besoin religieux. Je ne puis apporter au débat aucun élément propre à influencer de façon décisive la solution de ce problème. L'idée que l'être humain puisse être renseigné sur les liens qui l'unissent au monde ambiant par un sentiment immédiat et l'orientant dès l'origine dans ce sens, cette idée semble si étrange, s'insère si mal dans la trame de notre psychologie qu'un essai d'interprétation psychanalytique, c'est-à-dire génétique, s'impose à son sujet. Le premier raisonnement dont nous disposons est le suivant : normalement, rien n'est plus stable en nous que le sentiment de nous-mêmes, de notre propre Moi. Ce Moi nous apparaît indépendant, un, et bien différencié de tout le reste.

Mais que cette apparence soit trompeuse, que le Moi au contraire rompe toute limite précise, et se prolonge dans une autre entité inconsciente que nous appelons le soi et auquel il ne sert proprement que de façade, c'est ce que, la première, l’investigation psychanalytique nous a appris ; et, d’ailleurs, nous attendons encore maints autres éclaircissements sur les relations qui lient le Moi au soi. Mais, considéré de l'extérieur tout au moins, le Moi paraît comporter des limites nettes et précises. Il n'est qu'un seul état - exceptionnel il est vrai, mais qu'on ne saurait pour cela qualifier de morbide - qui soit de nature à modifier cette situation : au plus fort de l'état amoureux, la démarcation entre le Moi et l'objet court le risque de s'effacer. A l'encontre de tous les témoignages des sens, l'amoureux soutiendra que Moi et Toi ne font qu'un, et il est tout prêt à se comporter comme s'il en était réellement ainsi. Ce qu'une fonction physiologique peut suspendre momentanément doit naturellement aussi pouvoir être troublé par des processus morbides. La pathologie nous fait connaître une multitude d'états où la délimitation du Moi d'avec le monde extérieur devient incertaine, fait l'objet d'un tracé réellement inexact : dans certains cas, des parties de notre propre corps, voire des éléments de notre propre vie psychique, perceptions, pensées, sentiments, apparaissent comme étrangers, semblent ne plus faire partie du Moi ; dans d'autres cas, on attribue au monde extérieur ce qui visiblement a pris naissance dans le Moi et devrait être reconnu par lui. Ainsi donc le sentiment du Moi est lui-même soumis à des altérations, et ses limites ne sont pas constantes. En poursuivant ce raisonnement, nous sommes amenés à nous dire ceci : le sentiment du Moi que possède l'adulte n'a pu être tel dès l'origine. Il a dû subir une évolution qu'on ne peut évidemment pas démontrer, mais qui, en revanche, se laisse reconstituer avec une vraisemblance suffisante. Le nourrisson ne différencie pas encore son Moi d'un monde extérieur qu'il considère comme la source des multiples sensations affluant en lui. Il n'apprend à le faire que peu à peu, qu'en vertu d'incitations diverses venues du dehors. Un fait en tout cas doit lui faire la plus forte impression, c'est que certaines sources d'excitation, qu'il ne reconnaîtra que plus tard comme émanant de ses propres organes, sont susceptibles de lui procurer des sensations de tous les instants, alors que certaines autres, plus fugitives, tarissent périodiquement parmi ces dernières, relevons la plus convoitée : le sein maternel - et ne jaillissent à nouveau que si lui-même a recours aux cris. De la sorte, le Moi se trouve placé pour la première fois en face d'un “ objet ” , autrement dit d'une chose située “ au-dehors ” , et que seule une action particulière contraint à apparaître...

 

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Mardi 17 juin 2008

Océanographie est un recueil d'une quarantaine de textes datant de 1934.

 

 

 

 

 

Selon Eliade, "Cette tentative d'examiner la vie quotidienne de l'âme, de résoudre à nouveau, sérieusement, les problèmes simples - que personne ne prend plus en considération parce qu'ils sont trop grands ou trop simples -, je l'appelle océanographie."

 

 

 

En quelques mots, tout est dit ou presque. Océanographie est le livre d'une investigation méthodique des abîmes de l'âme. Le ridicule, le bonheur, le temps, le sexe, les femmes, les hommes, la mort, la pensée, l'écriture, le célibat, etc. : Eliade part ainsi en quête de ce qui, secrètement, travaille chacun de nous. Univers de symboles, d'idées reçues, de croyances et de rêves. Au hasard des pages, les plus grands auteurs ont convoqué à l'appui de l'analyse : Eschyle ou Montaigne, Plutarque ou Thomas More, Platon ou Hegel... A travers un enchaînement de tableaux expressifs et de fragments argumentés, qui sont autant de dissertations où l'intelligence des phénomènes le dispute à l'acuité du regard et à la pertinence des réflexions, le lecteur voyage au coeur de ce qui pourrait finalement apparaître comme l'impensé de la culture.

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Jeudi 15 mai 2008
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Vendredi 9 mai 2008

Les engins d'exploration sous-marine  peuvent être rangées en trois catégories. Il existe d'une part les scaphandres, d'autre part les véhicules habités en pression atmosphérique, et enfin les appareils posés à même le fond, tels les robots télécommandés ou les enregistreurs (sismographes, courantomètres, marégraphes...)

 

La SP 3000 fait partie de la deuxième catégorie. De fabrication française, elle a été mise en service en 1970.

Son intervention devait se faire à partir d'un navie de soutien : elle n'était donc que partiellement autonome. Elle obtint toutefois des résultats remarquables sur ce plan puisque, habitée par trois hommes, son autonomie pouvait atteindre 48 heures. A l'époque, seules l'Aluminaut et la Deep Star, de fabrication américaine, réalisèrent de meilleures performances.

Comme son nom l'indique, la SP 3000 plongeait jusqu'à une profondeur de trois mille mètres.

 

 

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Vendredi 4 avril 2008
Entretien avec Jean-Michel Gires, Directeur Développement durable et Environnement de Total

La Direction Développement durable et Environnement du Groupe est née en janvier 2002, c’est aussi la naissance de l’intérêt de Total pour le développement durable ?

 
Le développement durable fait partie de la culture d’entreprise, de notre cœur de métier ; la nature de notre activité nous a conduits depuis longtemps à nous soucier des paramètres environnementaux et sociaux de nos projets.
Cependant, la démarche du Groupe s’est fortement structurée ces dernières années. Dès le début de l’année 2000, des groupes de travail internes ont mené des réflexions concrètes, pragmatiques, pour identifier cinq domaines d’actions principaux : valorisation des ressources, énergies renouvelables, amélioration des produits, vie locale, protection de l’environnement. Ces échanges ont abouti à la création de la Direction Développement durable & Environnement en 2002, qui a pour mission d’animer la réflexion et de coordonner toutes les initiatives.


Tout le monde fait du développement durable aujourd’hui, en quoi la démarche de Total est-elle originale ?
 
L’ensemble des entreprises sont en effet concernées, puisqu’il s’agit d’une attente générale de la société civile. On peut d’ailleurs se réjouir que l’ensemble de l’industrie soit active dans le domaine du développement durable et montre une volonté de progresser et de s’améliorer.
La démarche de Total est toutefois marquée par deux particularités : d’abord son approche très concrète, pragmatique, proche du terrain et des opérationnels ; ensuite la diversité de ses métiers et de ses implantations géographiques.


Quelle est la part de l’environnement dans le développement durable ?

 
De nombreux enjeux environnementaux sont au cœur de la démarche de développement durable du Groupe : le changement climatique et la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre, la qualité de l’air et la réduction des émissions d’oxydes d’azote et de dioxyde de soufre, la biodiversité et la minimisation de notre impact sur les écosystèmes fragiles, etc.
Toutefois, le développement durable ne se limite évidemment pas à l’environnement, pour ne citer qu’un exemple, nous accordons beaucoup d’importance à l’intégration dans la vie locale. Nous avons le souci de bien cohabiter avec les communautés qui entourent nos activités, surtout en ce qui concerne leur développement économique et social, et la réduction des nuisances.


Total fait-il du développement durable pour se donner bonne conscience ?

 
Il ne s’agit pas de se donner bonne conscience, mais de répondre aux attentes de la société civile. L’enjeu n’est pas non plus de "se faire aimer", ce qui serait peut-être un objectif illusoire pour une compagnie pétrolière, mais plutôt de se faire comprendre, afin de ne pas laisser se creuser de fossé entre l’entreprise et la société. Il est essentiel pour le Groupe de retrouver l’esprit de dialogue, d’ouverture, d’extraversion, d’écoute des parties prenantes. Nous devons être capables de mieux expliquer ce que nous faisons et de nous améliorer sur les points importants aux yeux de la société civile.

Par Godon - Publié dans : Réflexions
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Mardi 5 février 2008
Après trente ans de recherches, un archéologue marin va reconstituer l'apparence de Dunwich, une ville florissante du Suffolk engloutie au XIIIe siècle.
Ville qui fut un temps romaine, il est probable que son site soit celui de la légendaire Dunmoc, où saint Félix de Bourgogne, le missionaire qui introduisit le christianisme dans l'est de l'Angleterre, établit son premier siège épiscopal.
Où l'on se souviendra d'un certain projet de réensablement du Golfe du Wash...

Ci-dessous l'article du quotidien britannique The Independent daté du 22 janvier dernier.



Britain's Atlantis: the search for our lost capital


In medieval times, Dunwich was a thriving rival to London. Then it was swallowed by the sea. Now, thanks to technological advances, the ancient settlement may soon be visible once more.


 

By Paul Vallely
Tuesday, 22 January 2008

Around midnight, at certain tides, church bells can still be heard tolling from the lost city of Dunwich. Or so local legend has it. The sound comes from beneath the waves of the North Sea, for Dunwich – one of England's most prosperous medieval centres, a place some consider a rival to 14th-century London – has been sunk beneath the waters for 500 years and more. Visit Dunwich today and you will encounter a quiet Suffolk coastal village with steeply sloping shingle beaches. From time to time the waves move the pebbles to expose the great black sea defences which lie amid the stones like great beached whales, designed to slow the longshore drift of the beach into the oblivion to which the once great city has been consigned. Today the real Dunwich lies out there beneath the cold grey waters, 50 feet down and perhaps a mile out.

This British Atlantis – with its eight churches, five houses of religious orders, three chapels and two hospitals – is now about to be exposed to human gaze for the first time since the first of a series of great storms and sea surges hit the East Anglian coast in 1286 and began the process of coastal erosion which led to the city's disappearance. For the past 30 years one man, Stuart Bacon, a marine archaeologist and director of the Suffolk Underwater Studies, has dedicated himself to discovering what lies beneath the waves. He has made more than 1,000 dives on the medieval site since 1971 but with limited success. High silt levels in the water mean that visibility is limited to just a few centimetres.

"You can't see," he says. "The water is black because of the sediment in suspension. On very rare occasions visibility can be one to two metres but more usually it is one or two centimetres. You can't read your watch with a lamp on some occasions."

He has explored by touch, with the aid of a map drawn in 1587, which has proved remarkably accurate. But, from May, Mr Bacon will be teaming up with Professor David Sear, of the University of Southampton, and they will bring to bear the latest underwater acoustic imaging technology to reveal the secrets of the past.

It will be the realisation of a life-long dream for Mr Bacon. Born in nearby Aldeburgh he was first taken to Dunwich by his parents as a boy in about 1947. It had not been long since the last of Dunwich's ancient churches, All Saints, toppled from the clifftop to the beach 40 feet below. "We sat on the ruins on the beach for picnics," he recalled. "As a boy I was full of questions about the place that no one seemed able to answer. So when I qualified as a diver I decide to make Dunwich my special study."

All Saints had been abandoned by its parishioners in the 1750s, though burials continued in the churchyard until the 1820s. But the cliff edge had reached the church in 1904 and the tower by 1922. It was in 1971 that Mr Bacon found the remains of the church in the water. "When a church goes over the cliff it doesn't go intact," he says. "It gets ruined on the cliff top and then falls down on to the beach in a line of stones. All Saints was 147 feet long. That's an awful lot of masonry, tons of material. It's not easily washed away."

Two years later, in 1973, he discovered the ruins of St Peter's Church, which was lost to the sea during the 18th century. He launched major diving expeditions in 1979, 1981 and 1983, with 60 divers from six boats at one point, before the blackness of the water brought him up against the limits of what was possible with the techniques available.

But he knew the story of Dunwich went back much further. The Romans were there and it is likely that it was the site of Dumnoc, the first episcopal see of Saint Felix of Burgundy, the man who introduced Christianity to eastern England, becoming the bridge-builder between the Celtic Christians who had come from Iona in the north and the Roman ones who had come via Augustine, the first Archbishop of Canterbury, to the south. Dunwich was, according to the historian Miles Jebb, the "ignition point of English Catholicism". Antiquarians described it as the capital of East Anglia.

Certainly, by 1086, the Domesday Book recorded a town of three parish churches with 290 burghers – including 24 Franci who had come from Normandy with William the Conqueror – some 3,000 citizens and "an hundered poore people". It could afford to give the king, his inspectors decided, an annual gift of "fiftie pounds and three score thousand herings". It was accorded the prestige of a Mint. In the reign of King Henry II (1133-1189) William of Newborough recorded it as "a towne of good note, and full stored with sundrie kindes of riches".

Indeed, such was its substance that when in 1173 the Earl of Leicester mounted a rebellion against Henry he landed his army near Dunwich and tried to persuade its people to join him. The city prepared to defend itself with such resolve that the pretender withdrew. Not long afterwards, Dunwich was granted a royal charter with its own borough council, magistrates, two bailiffs, a recorder and a coroner.

The prosperity to rival London came from its exports of wool and grain and imports of fish, furs and timber from the north, cloth from Holland and wine from France. Its status was reflected in its buildings, which included a grand Preceptory of the Knights Templar similar to the celebrated Temple Church in London.

In 1308 an inventory showed it possessed the massive sum of £111 contained in three great purses. In the 50 years that followed, three of the most prestigious religious orders of the Middle Ages – the Benedictines, Dominicans and Franciscans – established houses there. A hospital for lepers was built. The economy thrived, with sheep and pig rearing and rabbit farming.

There was also a major shipbuilding industry. Ships from Dunwich traded with continental Europe but travelled as far as Iceland for cod and ling as well as catching herring and sprat locally. The craft were requisitioned in war. In 1229 King Henry III requested 40 ships from Dunwich "well equipped with all kinds of armament, good steersmen and mariners" – about one eighth of the fleet that sailed from Portsmouth in 1230 to make war in France.

But even by 1279, when Dunwich possessed 80 large ships, the sea was already making incursions. Shingle was constantly shifted by the sea into the harbour. Residents fought to save their livelihood, shovelling stones and sand away by hand and strengthening the sea walls.

This was a town worth defending. In 1295, Dunwich was enfranchised to send two members to parliament, elected by the freemen of the borough. But then in 1286 came the first of the great storms that swept away much of the town.

Erosion is a constant process. It has been going on ever since Suffolk became separated from the Netherlands perhaps as recently as 8,000 years ago. For the past 2,000 years the coastline at Dunwich has receded on average by one metre a year. In many decades the change was not obvious – higher tides simply weakened the lower section of the cliff face – but then a major storm would take away several metres of cliff at once.

There was another fierce storm in 1328, which also swept away other villages on the same coast. In Dunwich it destroyed the Benedictine cell which was an offshoot of Ely Cathedral. It swept away the Franciscans' Greyfriars priory and the Dominicans' Blackfriars priory. Most seriously the sea shifted the shingle so that it blocked Dunwich harbour, an economic disaster that forced shipping and trade to move up the coast. So it went on. In 1347 another tempest swept 400 houses, two churches and various shops and windmills into the sea. Among them was St Leonard's, a church which was abandoned soon after the Black Death swept across Europe, wiping out more than a third of the entire population. In 1510 a pier was erected as a breakwater when the sea approached the market place. The church wardens at the cruciform church of St John the Baptist sold off all the plate to raise money to build another pier to deflect the waves from their church but it went over the cliffs in 1542.

In 1644 the churches experienced a threat of another kind. A puritan reformer named William Dowsing arrived and ordered the destruction of "all Monuments of Superstition and Idolatry". Smasher Dowsing, as the iconoclast was known, was particularly down on angels and ordered the destruction of 63 cherubim in the roof and 40 superstitious stained glass windows, plus the cross on the top of the steeple. He needn't have bothered. The church went over the cliff in 1688, and the tower followed 10 years later.

Yet half a century later when Daniel Defoe made his celebrated Tour Thro' the Whole Island of Great Britain, he found that "Dunwich, however ruin'd, retains some share of trade, as particularly for the shipping off butter, cheese, and corn, which is so great a business in this county... Also a very great quantity of corn is bought up hereabout for the London market."

But it was Defoe who began the myth-making, comparing the place to the ruins of Carthage, Babylon, Persepolis or Nineveh, which latter was "so entirely sunk, as that 'tis doubtful where the city stood".

It was Defoe, too, who, indulging what Ruskin came to call the pathetic fallacy, essayed the notion that Dunwich had suffered from "a certaine peculiar spite and envie of Nature, that suffereth the greedy sea to have what it will".

It was not to be sated. Soon there was no fishing fleet, no work and the land was worthless. By the middle of the 18th century, the town had been all but abandoned. The last rector left All Saints in 1755, though the town continued to elect its two members of parliament – with people travelling to Dunwich on election day, going out in a boat to the point where the town hall used to be, and casting their vote, according to that delicious online historian of Suffolk's churches, Simon Knott.

By the time of the 1832 Great Reform Act, which abolished rotten boroughs such as Dunwich, there were just eight residents left in the constituency but they still had two MPs.

What the place never lost was its romance. Ever since, people have come to Dunwich to see or to imagine. Until the 1950s, it was still easy to find identifiable lumps of masonry on the beach. When Knott first arrived in 1985, the bones of those buried in All Saints' graveyard protruded gruesomely from the cliff. "The last remains of the Greyfriars monastery, westwards of All Saints, should be good for another 50 years or so," he estimates. But the coastal path now skirts to the landward side of the ruined priory. The local planning authorities have a policy of managed retreat; sea defences will not be built again in Dunwich.

The sea may give up its secrets – thanks to multibeam sonar techniques which send out pulses of sound that are reflected back to build acoustic images of the seabed, GPS technology that can pinpoint objects' location to within a metre, and a "sub-bottom profiler" that can spot objects buried beneath the sea bed. But the water will not relax its embrace. England's medieval greatness will remain what Defoe called "a testimony of the decay of publick things".

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Par Godon - Publié dans : Articles en ligne
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