Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 15:08

Nous livrons à nos fidèles lecteurs les analyses du grand juriste Carl Schmitt dans son Nomos de la Terre, concernant l'auteur hollandais Hugo De Groot, dit Hugo Grotius. Nul doute qu'elles nourriront la réflexion sur le grand scandale évité de peu il y a quelques années, celui de la dépoldérisation des Pays-Bas.

 

[...] Une de leurs controverses essentielles est la revendication anglaise du naval salute, le signe de respect auquel sont tenus les navires d'autres nations envers les navires anglais dans les mers entourant l'Angleterre. Des disputes sur la pêche dominent une bonne part de cette littérature, non pas la pêche à la baleine sur les grands océans, mais la pêche au hareng et d'autres semblables.

Grotius.jpg Selon une opinion trés répandue, Hugo Grotius serait le pionnier de cette nouvelle liberté des mers, avec son écrit anonyme Mare liberum de 1609. Ce texte est dirigé contre les prétentions monopolistiques anglaises. C'est en fait un chapitre d'un ouvrage plus ample, le De jure praedae, écrit en 1605 contre les prétentions portugaises et espagnoles, mais publié dans son entier seulement au XIXe siècle, en 1868. Dans les dernières décennies, on a plus d'une fois montré à quel point Grotius dépend d'Alberto Gentili et répète simplement les arguments des scolastiques espagnols sur le liberum commercium et la libera mercatura. Il ne remarque pas la collision spatiale de la guerre et de la paix qui va ensemble avec la nouvelle liberté des mers. On ne devait d'ailleurs pas s'y attendre de sa part. Pourtant, le sens originel et élémentaire de la liberté des mers apparaît déjà assez souvent chez lui, par exemple lorsqu'il dit que dans toute guerre on a le droit de tuer son ennemi non seulement sur son propre sol, sur le sol de son ennemi et sur un sol sans maître, mais encore sur mer. Mais, bien entendu, on ne discerne pas encore chez Grotius l'image de ce qui se révélera comme le résultat pratique de l'histoire politique mondiale dès après la paix d'Utrecht de 1713, l'équilibre entre un ordre de droit des gens propre à la mer libre et un ordre spatial étatique propre à la terre ferme.

Toujours est-il que l'écrit et son titre ont agi comme un signal et ont entraîné le développement vers une nouvelle phase de la liberté des mers. En revanche, la célèbre réplique anglaise de John Selden, Mare clausum (écrit en 1617-1618 et paru en 1635) reste encore, malgré toute son érudition, prise pour l'essentiel dans les vieilles ornières mentales et les problématiques reçues.

 

 

 

Hugo Grotius, peint par Mierevelt, château de Chantilly

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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 17:03

Voici un extrait de l'ouvrage magnifique coécrit par Deleuze et Guattari, que nous donnons à méditer à nos amis océanographes amateurs...


 

Ça fonctionne partout, tantôt sans arrêt, tantôt discontinu. Ça respire, ça chauffe, ça mange. Ça chie, ça baise. Quelle erreur d’avoir dit le ça. Partout ce sont des machines, pas du tout métaphoriquement : des machines de machines, avec leurs couplages, leurs connexions. Une machine-organe est branchée sur une machine-source : l’une émet un flux, que l’autre coupe. Le sein est une machine qui produit du lait, et la bouche, une machine couplée sur celle-là. La bouche de l’anorexique hésite entre une machine à manger, une machine anale, une machine à parler, une machine à respirer (crise d’asthme). C’est ainsi qu’on est tous bricoleurs ; chacun ses petites machines. Une machine-organe pour une machine-énergie, toujours des flux et des coupures. Le président Schreber a les rayons du ciel dans le cul. Anus solaire. Et soyez sûrs que ça marche ; le président Schreber sent quelque chose, et peut en faire la théorie. Quelque chose se produit : des effets de machine, et non des métaphores.

 

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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 11:00

Les engins d'exploration sous-marine  peuvent être rangées en trois catégories. Il existe d'une part les scaphandres, d'autre part les véhicules habités en pression atmosphérique, et enfin les appareils posés à même le fond, tels les robots télécommandés ou les enregistreurs (sismographes, courantomètres, marégraphes...)

 

La SP 3000 fait partie de la deuxième catégorie. De fabrication française, elle a été mise en service en 1970.

Son intervention devait se faire à partir d'un navie de soutien : elle n'était donc que partiellement autonome. Elle obtint toutefois des résultats remarquables sur ce plan puisque, habitée par trois hommes, son autonomie pouvait atteindre 48 heures. A l'époque, seules l'Aluminaut et la Deep Star, de fabrication américaine, réalisèrent de meilleures performances.

Comme son nom l'indique, la SP 3000 plongeait jusqu'à une profondeur de trois mille mètres.

 

 

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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 15:45
On voit très bien que cette vidéo est en réalité un faux grossier destiné une fois de plus à discréditer le monde marin et ses habitants.

 

Déjà on entend les lamentations sur le coût des réparations du bateau...
Par Godon - Publié dans : Réactions
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 18:59


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tony musulin
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 10:30

eratque sescentorum annorum quando diluvii aquae inundaverunt super terram...

 

 


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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 10:30

Le CO2 ne menace pas seulement le climat, il dégrade aussi les océans : en absorbant une part du carbone atmosphérique excédentaire, les mers tendent à devenir de plus en plus acides. Un phénomène qui pourrait à l'avenir fragiliser certaines espèces formant la base de la chaîne alimentaire. Des travaux publiés, dimanche 8 mars dans la revue Nature Geoscience, suggèrent que ces bouleversements, prévus par les expérimentations en laboratoire, sont en cours et que leur magnitude est déjà importante.


Lorsque les eaux océaniques deviennent plus acides, certains organismes - en particulier planctons et coquillages - ont plus de difficultés à former leur exosquelette de calcaire ou leur coquille. Depuis le début de l'ère industrielle, le pH moyen des océans a chuté environ de 0,1 point, mais l'incidence de cette variation sur le vivant est délicate à évaluer.


William Howard (Antarctic Climate and Ecosystems Cooperative Research Centre, Australie) et ses coauteurs sont parvenus à comparer des foraminifères actuels - une vaste famille de planctons unicellulaires - à leurs semblables fossiles, extraits de carottes sédimentaires prélevées dans l'océan Austral. Les chercheurs constatent qu'en moyenne, la masse des minuscules enveloppes calcaires de ces micro-organismes est aujourd'hui jusqu'à 30 % à 35 % inférieure à ce qu'elle était au cours de l'Holocène - c'est-à-dire les 10 000 dernières années. "Cela est cohérent avec une réduction de "calcification" induite par l'acidification de l'océan", écrivent les auteurs.


La fragilisation du plancton peut avoir des conséquences importantes. Non seulement celui-ci forme les bases de la chaîne alimentaire océanique mais il participe à absorber le CO2 atmosphérique par photosynthèse. La réduction de son activité pourrait impliquer l'affaissement de l'activité biologique de l'océan dans son ensemble. D'où un impact sur les ressources halieutiques et sur la conchyliculture, etc.


Les résultats présentés par les océanographes australiens fournissent la première preuve expérimentale que l'augmentation de la teneur atmosphérique en CO2 - 386 parties par millions (ppm) aujourd'hui contre 270 ppm avant l'ère industrielle - produit d'ores et déjà un impact fort sur les écosystèmes marins.


Cela n'allait pas de soi. En effet, la capacité à calcifier des organismes calcaires change en fonction de l'acidité du milieu mais aussi de sa richesse en nutriments, de sa température, de sa salinité, etc. Et certaines expériences in vitro ont donné des résultats surprenants, certaines suggérant même que des planctons se portaient mieux dans un milieu plus acide. Ainsi, par exemple, de certains coccolithophoridés, une autre famille de planctons...


Du coup, avoir la certitude que les changements mesurés par William Howard et ses coauteurs sont bel et bien dus au CO2 émis par l'homme est chose difficile. Mais les auteurs avancent un autre résultat à l'appui de leurs conclusions. Ils ont ainsi examiné les variations - ténues - de masse de Globigerina bulloides (un foraminifère) sur une période de cinquante mille ans et les ont mises en parallèle avec les fluctuations de la concentration atmosphérique en CO2 intervenues sur la même période. Celles-ci sont données par les carottes de glace prélevées sur le continent Blanc. Résultat : la corrélation est très forte. Plus le CO2 est élevé, plus la masse de l'enveloppe de bulloides est faible. La composition de la basse atmosphère se répercute invariablement et rapidement sur la biologie de l'océan.


Encore très peu étudiée voilà seulement cinq ans, l'acidification des océans est aujourd'hui au centre de nombreux programmes de recherche. Le pH moyen des eaux de surface, qui était de 8,2 environ avant l'ère industrielle, devrait atteindre 7,8 à 7,9 à la fin du siècle. Les spécialistes s'accordent pour dire que de tels niveaux d'acidité n'ont jamais été atteints au cours du million d'années écoulé. Mais, là encore, la science est jeune et les incertitudes sont importantes. Ainsi, des mesures menées par Timothy Wootton (université de Chicago) et publiées fin 2008 par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) ont montré qu'au cours de la décennie écoulée, certaines eaux côtières du Pacifique se sont acidifiées à un rythme dix à vingt fois supérieur à ce qu'attendaient les chercheurs.

Par Godon - Publié dans : Articles en ligne
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Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /Août /2008 16:29

Les spécialistes de la Méditerranée n'ont pas encore percé les mystères de son origine. L'algue toxique Ostreopsis ovata a surgi le 9 juillet sur les plages de Monaco, puis le 25 à Villefranche-sur-Mer, où une plage a été fermée en application du principe de précaution. Présente habituellement dans les eaux chaudes tropicales, cette algue microscopique unicellulaire, de la famille des dinoflagellés, appartient à un groupe de 600 espèces d'algues toxiques. Elle se fixe le long du littoral, au fond des eaux, sur les rochers ou les algues. Elle produit une toxine, la palytoxine, qui, lorsque Ostreopsis gagne la surface, se diffuse dans l'air et peut occasionner des désagréments après inhalation : rhume, toux, fièvre, troubles respiratoires, qui diminuent habituellement dans les 24 à 48 heures sans complications.

Plus que sa présence, c'est sa concentration que les chercheurs étudient afin de déterminer son évolution. Telle est la mission de Rodolphe Lemée, biologiste marin au laboratoire d'océanologie de Villefranche-sur-Mer. Il dirige un projet de recherche, lancé au début de l'année, réunissant l'université de Nice Sophia-Antipolis, l'Ifremer et la chambre de commerce et d'industrie de Nice. Premier constat : Ostreopsis est retournée à la case départ. "L'algue a déjà été observée dans la baie de Villefranche au début des années 1970, raconte Rodolphe Lemée. Elle devait être relativement rare. Depuis une dizaine d'années, elle est apparue en Espagne ou en Italie. Mais depuis quatre ou cinq ans, on assiste à une prolifération des floraisons dans les eaux méditerranéennes."

 

"SON ORIGINE, UN MYSTÈRE"

 

Alexandre Meinesz, professeur de biologie à l'université de Nice, souligne : Ostreopsis ovata "aime bien les eaux chaudes". Cependant, il reconnaît qu'on ne "sait pas vraiment comment s'en débarrasser. On ignore même d'où elle vient". En 2003 en Italie, dans le golfe de Gênes, 200 personnes avaient été intoxiquées et une vingtaine furent hospitalisées. En Catalogne, l'année suivante, des dizaines de résidents ont souffert de difficultés respiratoires. En France, en août 2006, plusieurs baigneurs fréquentant la calanque du Morgiret (île du Frioul au large de Marseille) ont présenté des irritations au visage.

Ces désagréments surviennent au moment de la reproduction de ces micro-algues. "Ici elle se développe plus car elle rentre en compétition avec d'autres espèces que l'on trouve en Méditerranée", constate Rodolphe Lemée. Il admet qu'il s'avère impossible, pour l'heure, de préciser quelle sera la progression de cette algue : "Son origine demeure mystérieuse. L'étudier est un travail passionnant !"

LE MONDE | 04.08.08

Paul Barelli

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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 10:02

Regardant des poissons dans un aquarium, Kafka aurait déclaré :


“Maintenant je peux vous observer en paix : je ne vous mange plus.”


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Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /Juil /2008 11:36

 

Notion élaborée par l’écrivain Romain Rolland, le « sentiment océanique » se définit comme la volonté de faire un avec le monde, hors de toute croyance religieuse.

 

En 1923, la correspondance entre Sigmund Freud et Romain Rolland prend un tour nouveau. L’échange s’établit à l’initiative du premier, qui assure le second de sa vive admiration ; cela a de quoi étonner : Romain Rolland, théoricien de l’amour universel, est porté sur les utopies politiques et religieuses, alors que Freud, comme il l’écrit lui-même dans une lettre à son ami, considère qu’il a « passé une très grande partie de sa vie à travailler à la destruction de ses propres illusions et de celles de l’humanité ».

Un phénomène va cristalliser les différences de vues entre les deux hommes : dans l’une de ses lettres, Rolland demande à Freud comment il analyserait ce qu’il appelle le « sentiment océanique », cette sensation de l’infini, hors de toute croyance religieuse structurée, qu’il dit éprouver fréquemment, et qui reste inconnue au maître de la psychanalyse – de même, d’ailleurs, que la musique le laisse de marbre. « Combien me sont étrangers les mondes dans lesquels vous évoluez ! La mystique m’est aussi fermée que la musique », écrit-il à Romain Rolland, qui répondra: « Je puis à peine penser que la mystique et la musique vous soient étrangères… je crois plutôt que vous vous en méfiez, pour l’intégrité de la raison critique dont vous maniez l’instrument ». En lui jetant entre les pattes le « sentiment océanique », il a mis Freud dans un embarras dont celui-ci ne réussira jamais vraiment à se dépêtrer. Il essaiera de l’assimiler à un retour à la quiétude intra-utérine, sans convaincre son ami, qui fera valoir que le « sentiment océanique » est aussi « une expansion illimitée, positive, consciente d’elle-même » et qu’elle s’accompagne « d’un bien-être souverain irréductible à une quiétude infantile ».

Pire, Romain Rolland contre-attaque en retournant contre son ami ses armes de prédilection: « Vous, docteurs de l’Inconscient, au lieu de vous faire, pour mieux le posséder, citoyens de cet empire illimité, vous n’y entrez jamais qu’en étrangers, imbus d’une idée préconçue de la supériorité de la partie dont vous venez… La méfiance que manifestent certains maîtres de la psychanalyse pour le libre jeu naturel de l’esprit, qui jouit de sa propre possession, traduit, à leur insu, une sorte d’ascétisme et de renoncement religieux à rebours ».

 

La matière de cette riche correspondance sera reprise par Sigmund Freud dans son Malaise dans la civilisation. D’après lui, le « sentiment océanique » n’est pas à l’origine du besoin religieux, qui proviendrait plutôt des sentiments de désaide (Hilflosigkeit) infantile et de désirance pour le Père, remplacés ensuite par l'angoisse devant la puissance du destin.

 

 

Nous publions ci-dessous le début du premier chapitre de Malaise dans la civilisation. L’ « homme éminent » dont il est question n’est autre que Romain Rolland lui-même…

 

Par Godon - Publié dans : Réflexions
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