Une seule chair
Ce roman de Thomas Narcejac paru en 1954 aux Presses de la Cité relate un drame de la mer. Los-souarn est un scaphandrier qui travaille sur l'épave d'un paquebot coulé non loin de la Corse... Il lutte contre tous les dangers qui guettent le plongeur : le vertige, l'ivresse des grandes profondeurs, l'embolie toujours menaçante ; mais il lutte surtout contre lui-même. En effet, il a épousé une femme, Camille, qui lui rend la vie difficile et, au moment où il songe à s'en séparer, il rencontre une belle fille, Françoise, qui représente l'argent, l'amour, la liberté. Va-t-il céder à la tentation ?
L'auteur n'aime point les solutions si faciles et d'ailleurs, les histoires vraies n'ont jamais de solution. Narcejac, à la façon de Dostoïevski, laisse vivre ses personnages sans intervenir. Il s'est contenté de peindre le conflit de ces forces éternelles : la mer, l'amour... Le roman finit cruellement, d'une manière inattendue et pourtant très émouvante. On n'oubliera ni le Liamone couché par soixante mètres de fond, ni cette autre épave, encore plus terrible : l'homme vaincu par l'océan et livré sans défense à l'amour de Camille...
